mardi 17 mai 2011

Burroughs reste sulfureux

L’Europe démocratique ne se construira pas en un jour
L'éditeur turc Irfan Sanci à nouveau devant les tribunaux
L'éditeur Irfan Sanci, le livre de Burroughs incriminé et sa traduction en turc
« Le P-DG de Sel est poursuivi pour avoir publié La machine molle, de William Burroughs.
Après un procès en 2010 pour avoir traduit et publié en Turquie Les exploits d’un jeune Don Juan, roman érotique de Guillaume Apollinaire http://www.livreshebdo.fr/actualites/DetailsActuRub.aspx?id=5441
l’éditeur Irfan Sanci se retrouve à nouveau poursuivi pour “obscénité” par la justice turque au titre de l’article 226 du code pénal pour la publication de La machine molle de William Burroughs.

L’Union internationale des éditeurs (UIE/IPA) réclame, mardi 17 mai dans un communiqué, l’acquittement immédiat du P-DG de Sel. “Le fait que le lauréat de notre prix de la liberté IPA 2010 se trouve de nouveau accusé d’obscénité est une source de stupéfaction et de déception”, déclare le président de la commission “Liberté de publier” de l’organisation, Bjørn Smith-Simonsen. Il rappelle en outre que la Cour européenne des droits de l’Homme a déjà condamné la Turquie en février 2010 pour avoir violé l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme (sur la liberté d’expression) en censurant les Onze mille verges d’Apollinaire en 1999.

L’UIE considère que les poursuites concernant la traduction de William Burroughs relèvent de la violation de ce même article. Bjørn Smith-Simonsen a estimé que “le procédé appliqué et la décision elle-même, prise par un comité gouvernemental, est antidémocratique, anachronique et indigne d’une société moderne et ouverte. Sanci est harcelé pour le simple fait qu’il exerce son métier d’éditeur. A une époque où les conditions de liberté de publication sont à nouveau menacées en Turquie, il est urgent de mettre un terme à ces pratiques”.

Dans l’affaire impliquant la traduction d’Apollinaire, Irfan Sanci avait été acquitté le 7 décembre 2010. L’IPA s’était félicité de cette décision, espérant qu’elle conduirait à l’abandon de poursuites contre d’autres éditeurs pour des chefs d’accusation similaires, et à une baisse significative des procès liés à la liberté d’expression en Turquie. L’association constate que cela n’a malheureusement pas été le cas.

En mai 2010, un tribunal d’Istanbul avait décidé d’envoyer les titres publiés par Irfan Sanci à un comité ministériel pour la protection de l’enfance vis-à-vis de publications indécentes afin de décider s’il s’agissait de littérature ou d’obscénité, une première pour ce comité fondé en 1927. »
http://www.livreshebdo.fr/etranger/actualites/l-editeur-turc-irfan-sanci-a-nouveau-devant-les-tribunaux/6684.aspx

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