vendredi 10 juillet 2020

« Les sciences sociales sont en danger à l’échelle internationale » 3.


« Les sciences sociales sont en danger à l’échelle internationale » 3.
Jean-François Bayart Politologue
Le Monde 09/07/2020
Enjeux financiers et politiques

[…] Face aux calculs cyniques des preneurs d’otages et des assassins, l’Europe semble tétanisée. Ses universitaires sont persécutés par dizaines sans qu’elle définisse et mutualise une stratégie pour parer la menace. En outre, restriction des crédits oblige, elle a vendu des pans entiers de son université à des pays étrangers en capacité financière de les acheter pour faire valoir leurs intérêts politiques, à l’instar de la Chine ou des pétromonarchies. Forts de leurs avoirs et du marché scientifique qu’ils représentent, ces Etats n’hésitent plus à essayer de censurer recherches et publications en Occident.
Aujourd’hui, ce sont même certains membres de l’Union européenne, comme la Pologne ou la Hongrie, qui mettent sous pression l’Université, y compris à l’extérieur de leurs frontières, quand celle-ci n’a pas l’heur de plaire à leur conception de l’histoire nationale. En France, les chercheurs sont de plus en plus inquiétés par la police ou la cellule Demeter de la gendarmerie nationale [créée en 2019 par une convention entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs pour prévenir les agressions et intrusions sur les exploitations agricoles] quand ils travaillent sur les mouvements sociaux ou les questions environnementales, et les nouvelles règles de « déclassification » restreignent leur consultation des archives contemporaines postérieures à 1940.
Ouvrons les yeux : ce sont bien les sciences sociales qui sont en danger comme jamais elles ne l’ont été depuis la fin de la seconde guerre mondiale ou la chute de l’empire soviétique.
Jean-François Bayart est professeur d’anthropologie et de sociologie à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève). Il est coordinateur du comité de soutien à Fariba Adelkhah.

« Les sciences sociales sont en danger à l’échelle internationale » 2.


« Les sciences sociales sont en danger à l’échelle internationale » 2.
Jean-François Bayart Politologue
Le Monde 09/07/2020
Enquête de terrain menacée et dématérialisation de la recherche

Il ne s’agit pas non plus d’occulter la répression interne dont font l’objet les chercheurs et universitaires des régimes autoritaires. Néanmoins les atteintes à la liberté scientifique internationale constituent une question spécifique et neuve dont, curieusement, les Etats démocratiques ne se soucient guère, peut-être parce que leur conscience n’est pas tranquille en la matière.
D’une part se pose le problème de la possibilité concrète de faire de la recherche de terrain dans des pays qui incarcèrent à tour de bras des universitaires étrangers. La pandémie de Covid-19 a aggravé les choses en fermant les frontières et en interrompant la réalisation de nombreuses thèses de doctorat. Qui, dans ces conditions, voudra encore entreprendre une recherche sur l’international ?
Ce sont des pans entiers de notre connaissance du monde contemporain qui vont s’étioler, puis s’évanouir faute de pouvoir se reproduire. Car on ne peut pas faire des enquêtes ou du travail d’archives primaires par visioconférence. Ou, pis, on risque de s’imaginer pouvoir le faire, en devenant captifs de la vision déformée et partiale des sociétés étrangères que nous donneront nos écrans d’ordinateur.
La tentation sera grande pour les gestionnaires néolibéraux de l’Université de se saisir de cette aubaine de la dématérialisation de la recherche et de l’enseignement. Or, il ne peut y avoir de réflexion sur notre époque et nos passés, sur notre politique étrangère ou économique, sur l’exercice de notre citoyenneté, si nous sommes privés d’informations et d’analyses indépendantes quant à la majeure partie du globe. Comme l’a écrit Fariba Adelkhah du fond de sa prison, il faut « sauve[r] les chercheurs, sauve[r] la recherche pour sauver l’Histoire ».
Jean-François Bayart est professeur d’anthropologie et de sociologie à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève). Il est coordinateur du comité de soutien à Fariba Adelkhah.

« Les sciences sociales sont en danger à l’échelle internationale » 1.


« Les sciences sociales sont en danger à l’échelle internationale » 1.
Jean-François Bayart Politologue
Le Monde 09/07/2020
Atteintes à la liberté scientifique en Iran, Turquie, Israël, Russie, Chine, Egypte, Europe, aux Emirats arabes unis, aux Etats-Unis

La confirmation en appel, le 30 juin, par un tribunal de Téhéran, de la condamnation à cinq ans de prison de l’anthropologue Fariba Adelkhah confirme que le métier de chercheur en sciences sociales est devenu à haut risque. Une dizaine d’universitaires occidentaux ont été ainsi pris en otages par la République islamique.
Cette dernière n’est pas la seule à se livrer à ce genre de pratiques. La Turquie, les Emirats arabes unis, Israël, la Russie, la Chine portent de plus en plus ouvertement atteinte à la liberté scientifique internationale. L’Egypte est allée jusqu’à tuer dans des conditions atroces un doctorant italien de l’université de Cambridge, Giulio Regeni, en 2016. Les Etats-Unis arrêtent eux aussi des chercheurs étrangers sur la base d’accusations souvent arbitraires, dans le cadre de leur politique de sanctions urbi et orbi ou au nom du Patriot Act.
S’y ajoutent les nombreux refus de visa, auxquels s’adonnent également les Etats européens au nom de la lutte contre l’immigration, rendant infernale la vie professionnelle de nos collègues d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine ou du Moyen-Orient. On ne parle pas suffisamment de cet aspect de l’inégalité du système international au détriment des pays du Sud, qui accroît leur dépendance sur le long terme. Sans accès équitable à la science, pas de réel développement envisageable.
Jean-François Bayart est professeur d’anthropologie et de sociologie à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève). Il est coordinateur du comité de soutien à Fariba Adelkhah.

samedi 6 juin 2020

Pour survivre au chaos


Pour survivre au chaos
Un taux aussi élevé de suicides était anormal. La société tahitienne (années 1960) ne pouvait quand même pas être atteinte collectivement de dépression mélancolique. Intrigué, l’anthropologue et psychothérapeute Robert Levy lance une longue enquête (Tahitians : Mind and Experience in the Society Islands, 1973) et arrive à des conclusions déconcertantes. Il identifie en effet une curieuse «maladie» : l’hypocognition - à savoir «la condition de celui qui est condamné à "connaître moins"», dont la cause tiendrait à une particularité de la langue tahitienne. Riche et précise, munie d’un «lexique médical» très détaillé pour désigner la «douleur du corps», celle-ci présente en effet une véritable carence de mots aptes à traduire la «douleur de l’âme», de «la tristesse passagère la plus banale jusqu’à la mélancolie, l’angoisse, la culpabilité, la rage». Par conséquent, 
«éprouvant une douleur insupportable […] mais ne sachant pas l’exprimer par des mots - une chose étrangère, jamais vue, dont personne n’a fait l’expérience, car elle n’a jamais été nommée -, les habitants de Tahiti, privés des moyens linguistiques pour dire combien ils souffraient et pour élaborer leurs propres états d’âme, choisissaient de s’ôter la vie».
Cette référence figure dans l’«Incipit» du nouveau livre de l’helléniste Andrea Marcolongo, dont l’une des principales idées est justement que, «dépourvu de mots», l’être humain est «moins pleinement conscient» et, de ce fait, moins capable de s’orienter dans les arcanes de sa vie psychique. De même que pour résoudre un problème, il faut aller «au fond des choses», de même est-ce «au fond des mots» qu’il faut plonger si l’on veut trouver les parcelles de sens dont l’absence rend lacunaires ou insatisfaisants les rapports au monde, à autrui et à soi-même. C’est pourquoi, forte du succès planétaire de la Langue géniale (traduit dans 28 pays), où étaient soulignées les merveilleuses ressources du grec ancien (et du latin), Marcolongo invite cette fois à un voyage dans les archipels enfouis des étymologies - non pour exhiber de façon pédante les «vicissitudes stériles de préfixes morphosyntaxiques» mais, plus agréablement, pour montrer que «l’histoire d’un mot n’est autre que l’histoire des hommes qui ont eu besoin de ce mot pour nommer le réel - ou qui n’en ont plus besoin ».
[…]
Andrea Marcolongo Etymologies. Pour survivre au chaos, traduit de l’italien par Béatrice Robert-Boissier, Les Belles lettres, 336 pp., 17,50 €. En librairie le 12 juin.


samedi 8 février 2020

La réalité historique détournée par le nationalisme

Jan Van Eyck au service de l’idéologie nationaliste
Le Monde. Publié le 05 février 2020 à 08h51 - Mis à jour le 06 février 2020 à 10h32
« Rares furent les primitifs flamands originaires de Flandre et Jan Van Eyck lui-même, ainsi que son frère Hubert, naquirent d’ailleurs à Eyck-sur-Meuse, près de Maastricht, et furent des sujets, et des employés, du prince-évêque de Liège. Plus tard, Jan Van Eyck, valet de chambre de Philippe le Bon, le souverain des Pays-Bas bourguignons jusqu’en 1467, contribua au faste d’une cour française qui sut attirer les meilleurs artistes.
Qu’importent ces « détails » de l’histoire : lors de la présentation officielle de « OMG ! Van Eyck was here », le grand projet qui animera cette année culturelle en Flandre, Jan et Hubert Van Eyck ont été officiellement promus « ambassadeurs » par la ministre régionale du tourisme. Cette élue du parti nationaliste Alliance néoflamande (N-VA) remplaçait le ministre Jan Jambon, responsable de la culture et ministre-président du gouvernement régional de Flandre.
« Jan et Hubert Van Eyck nous ont appris à être fiers de ce que nous réalisons », indiquait Zuhal Demir, histoire d’insister sur ce qui n’échappera pas aux nombreux visiteurs attendus à Gand : le caractère très « flamand » d’une manifestation qui, dans un contexte politique tendu […] et une mainmise du parti nationaliste sur le département de la culture, doit contribuer à l’affirmation d’une force et d’une identité sans faille. […] »
Jean-Pierre Stroobants(Bruxelles - correspondant)

mercredi 4 septembre 2019

Exposition « APLOMB »


Exposition « APLOMB »
de LAURENT DAVID, JONATHAN VANDENHEUVEL, YONGHI YIM, MIGUEL DOMINGUES, NADIA KEVER
au Hangar Bleu
80 rue de la Senne - 1000 Bruxelles
Vernissage le 12 septembre 2019 de 18h à 21h
Exposition accessible du 13 septembre au 22 septembre 2019 les vendredi, samedi et dimanche de 14h à 18h.


mardi 20 août 2019

Final events of the Research Pavilion high season in Venice


Final events of the Research Pavilion high season in Venice
The third Research Pavilion in Venice, hosted by the University of the Arts Helsinki, is a meeting place for artists and researchers, a catalyst of emerging co-operations, and a generator of new artistic thinking. The overarching title of the Pavilion, “Research Ecologies”, refers to the rich network of approaches involved. 
During the summer, the Research Pavilion has hosted a vast programme of workshops, conversations, exhibitions, lectures, and research. The venue, Sala del Camino on the Island of Giudecca, is a vibrant, changing space that showcases the multiple methods and practices of conducting artistic research. It can be visited from Wednesday to Monday from 10am to 6pm until 28 August.
Towards the end of August, the pavilion’s high season in Venice will end with a line-up of three events that once again bring together artist researchers from different backgrounds.
Upcoming events at the Research Pavilion













20–21 August
Material Encounters
A two-day programme, including a concert-lecture that showcases the outcomes of a residency period, during which musicians and ceramists worked side-to-side forming a parallel discussion of musical and gestural rhythms. The audience is welcomed to work with local clay. The event also includes discussions and presentations on materiality, archipelagic thinking, and the intertwined relationship between humans and soil.
TERRITORIES :: DIALECTS
TRACES FROM THE ANTHROPOCENE: SOIL
CEMETERY ARCHIPELAGO
24 August
Assembly of Journals

In August the Research Pavilion project brings together several journals that are publishing research in the arts. The key idea of this collegial assembly is to facilitate discussion and exchange of ideas about shared interests, challenges, and possible forms of future cooperation.

Among the confirmed participants are representatives of
– Journal for Artistic Research, RUUKKU
– Studies in Artistic Research, Journal of Visual Culture, MaHKUscript
– Journal of Fine Art Research, and VIS
– Nordic Journal for Artistic Research.
The event is open to all interested. We especially encourage editors, reviewers, contributors and readers interested in artistic research to join us. 
26–31 August
The 5th Nida Doctoral School: ‘Fight The Power 2019/1989: We, the Ungovernable’
The Nida Doctoral School (NDS) will be held at the Lithuanian Pavilion, the Research Pavilion and additional environments in Venice. Entitled ‘Fight The Power’, this year’s Nida Doctoral School is energized by the 30th anniversary of Spike Lee’s ‘Do The Right Thing’ and its opening credit sequence soundtrack-ed by Public Enemy. Convinced by the radical potentialities of research-as-praxis, NDS utilises this 30th anniversary to ask: what does it mean to do the right thing?
The Research Pavilion is an ongoing project created and hosted by Uniarts Helsinki. Research Pavilion #3 is created in cooperation with the Louise and Göran Ehrnrooth Foundation and international partner institutions: Aalto University, Valand Academy of Arts at the University of Gothenburg, University of Applied Arts Vienna, and Interlab Hongik University Seoul.
Research Pavilion #3: Research Ecologies
9 May – 28 August 2019, 10am – 6pm. Moderated hours 10am–noon. Closed Tuesdays. See the full programme here.
Sala del Camino, Campo S. Cosmo 621, Giudecca, Venice
Free admission.
Research Pavilion website www.researchpavilion.fi
Research Catalogue www.researchpavilion.fi/rc

dimanche 18 novembre 2018


Colloque international ACTUALITÉ DE RENÉ THOM
LA DIMENSION MORPHOLOGIQUE DANS LES SCIENCES D’AUJOURD’HUI
06, 07 et 08 Décembre 2018

Jeudi, le 6 Décembre
-          Mathématique et la Théorie des Catastrophes
-          Théorie des Catastrophes et Sciences du Vivant
-          L’épistémologie des Modèles dans la Théorie du Vivant
-           
Vendredi, le 7 Décembre
LIEU Université Paris Diderot | Bâtiment de la Halle aux Farines
Amphithéâtre 9E - niveau 0
09:00–9:30 Accueil des participants

La Sémiotique Thomienne et les Autres Sémiotiques

MODÉRATEUR Anne Hénault
09:30–10:00 Per Aage Brandt « Modèles catastrophistes en sémiotique. Quatre exemples » (Case Univ. – Cleveland) | Sémiotique & linguistique
10:00–10:30 Isabel Marcos & Carlos Farate « Vers une morphologie du traumatique du sujet multidimensionnel : corps, esprit et relations sociales » (CICS.NOVA – FCSH Univ. Nouvelle de Lisbonne et Univ. de Porto) | Sémiotique & Psychanalyse
10:30–10:50 Débat
10:50–11:20 PAUSE CAFÉ

MODÉRATEUR Per Aage Brandt
11:20–11:50 Alessandro Zinna « René Thom et une sémiotique du vivant » (Université de Toulouse II – Jean Jaurès) | sémiotique
11:50–12:20 Antonino Bondi « De la morphologie à l’expression. L’activité de langage entre formes, affects et perception sémiotique» (Institut Marcel Mauss, EHESS – Paris) | Philosophie du langage &
sémiotique
12:20–12:40 Débat

MODÉRATEUR Per Aage Brandt
14:30–15:00 Stefania Caliandro « Du chaos à l’(in)intelligibilité catastrophique de l’art » (Ecole supérieure d’art des Pyrénées – Tarbes) | Esthétique et Théorie des Arts
15:00–15:30 Valeria De Luca « A partir du pouvoir sémiurgique de la danse : morphogenèse et expressivité » (EHESS – Paris) | Sémiotique

Morphogenèse, Morphologie(s) et Sciences du Territoire
MODÉRATEUR Isabel Marcos
16:20–16:50 Albert Levy « La forme urbaine : anatomie d'une forme complexe » (CNRS LAVUE – Univ. Paris Nanterre) | Architecture & Urbanisme
16:50–17:20 Manar Hammad : «Morphologie et Archéologie. Exploration sémiotique» Univ. Sorbonne Nouvelle – Paris) | Architecte & Archéologue
17:20–17:40 Débat

Samedi, le 8 Décembre
-          Morphogenèse, Morphologie(s) et Sciences du Territoire
-          René Thom et l’Actualité Scientifique : les Sociétés savantes

samedi 10 novembre 2018


Bénédicte Adessi
Cynergia
Corps, image, forces, interaction
INSTALLATION INTERACTIVE et performance dansée et visuelle interactive
Bénédicte Adessi et Annie Luciani
Artistes en résidence à l’ACROE-ICA, dans le cadre du projet européen EASTN-DC, avec le soutien de l’agence européenne AECEA.

Avec la collaboration artistique et scientifique d’Annie Luciani
Logiciels MIMESIS et Gravure Dynamique, chaussons interactifs
avec la collaboration technique de Stéphane Bœuf, Nicolas Castagné, Nicolas André et Delphine Passinge et les stagiaires Maxime Veslin (modélisation) et Eric Tatulli (protocole d’analyse) du Master Art­Science­Technologie de l'École d’ingénieurs Phelma de l’Institut Polytechnique de Grenoble.

Les 7 et 10 Novembre 2018
Festival MICROMUSIC - Cité de la Musique à Romans (France)
L’idée de Cynergia, grâce à l’utilisation des logiciels de l’ACROE-ICA qui permettent des modélisations physiques du mouvement, est de faire le lien entre les perceptions proprio-kinesthésiques que le danseur a de son propre corps, et des représentations visuelles de ces perceptions.
De telles représentations s’étaient avérées impossibles avec les outils de synthèse d’image traditionnels en ce sens que ceux-ci conduisent à des représentations plus figuratives et incluent peu — voire pas du tout — les notions de forces, d’énergie, de proprioception ou de kinesthésie.
Il y a quelques années, la rencontre entre Bénédicte, plasticienne et performeuse, et Annie Luciani a permis d’ouvrir de nouvelles voies de recherche technologique et artistique pour tenter de répondre à cette question : comment rendre plus intelligibles par le spectateur les mouvements d’un corps dansant, en particulier en y associant la perception et la représentation visuelles

jeudi 8 novembre 2018


Réalités de la recherche (collective) en arts
RÉALITÉS DE LA RECHERCHE (COLLECTIVE) EN ARTS
29 - 30 NOVEMBRE 2018
MAISON DES ARTS UNIVERSITÉ BORDEAUX MONTAIGNE

HUIT CAS DE RECHERCHE COLLECTIVE EN ARTS À L’UNIVERSITÉ, EN ÉCOLE D’ART ET AILLEURS
Les réalités de la recherche en arts se confrontent bien souvent aux mêmes critères que ceux de toute recherche expérimentale : de nouveauté, de créativité, d’incertitude, de systématisation et de transférabilité. Huit équipes de recherche, implantées à Bordeaux, Clermont-Ferrand, Marseille, Genève, Paris, Bruxelles, Amiens, Cherbourg et Rennes en dessinent les contours et se proposent d’exposer par le menu leurs OBJETS, leurs MÉTHODES, leur ORGANISATION, leur MILIEU et le pouvoir de DÉMONSTRATION de la pensée artistique, esthétique et politique qu’elles déploient collectivement et durablement, par le verbe, les faits et les gestes et ce, parfois, depuis plus de trente ans.
TRAM B - ARRÊT MONTAIGNE MONTESQUIEU
ORGANISATION UNIVERSITÉ BORDEAUX MONTAIGNE
Pierre Baumann (coord.), Unité de Recherche CLARE EA4593, équipe ARTES - projet conçu par le Laboratoire des objets libres, dans le cadre du programme de recherche Moby-Dick, étude des écosystèmes de création.
Comité scientifique : Danièle James-Raoul, Pierre Sauvanet, Jean Arnaud, Amélie de Beauffort, Diane Watteau.

JEUDI 29 NOVEMBRE
09H15 - MOBY-DICK UNIVERSITÉ BORDEAUX MONTAIGNE
11H00 - BIOMORPHISME UNIVERSITÉ AIX-MARSEILLE

14H30 - ÉDITIONS INCERTAIN SENS / CABINET DU LIVRE D’ARTISTE UNIVERSITÉ RENNES 2
16H15 - SUSPENDED SPACES UNIVERSITÉ PARIS 1 PANTHÉON SORBONNE, UNIVERSITÉ AMIENS

VENDREDI 30 NOVEMBRE
09H15 - LA PART DE L’ŒIL ACADÉMIE ROYALE DES BEAUXARTS DE BRUXELLES
11H00 - LE FILM INFINI ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART DE  CLERMONT MÉTROPOLE

14H30 - LE LABORATOIRE DES HYPOTHÈSES CHERBOURG
16H15 - RÉENGAGER FREIRE HAUTE ÉCOLE D’ART ET DE DESIGN DE GENÈVE

PRÉAMBULE
Ce colloque souhaite présenter un appareil sélectif sur la recherche en arts, à partir d’expériences développées dans le cadre de structures collectives issues d’universités, d’écoles d’art en France et à l’étranger, ou adossées à d’autres structures plus alternatives et qui, prenant appui sur des bases de recherche fondamentale, proposent des modèles inventifs de « recherche-action », font référence en la matière.
Le cadre d’intervention a pour objectif de permettre à chaque équipe de présenter de façon développée son programme de recherche, ses objets, ses méthodes, son environnement institutionnel, son organisation et son économie, à partir d’un temps de démonstration.
Cette méthodologie collective prétend poser des bases de discussion pour avancer des éléments en faveur d’une définition plurielle et solidaire de ce que peut être un objet de recherche qui convoque l’expérience artistique. On cherchera à voir en quoi il peut (ou ne peut pas) répondre aux définitions générales de la recherche expérimentale (conditions et mise en cause de ses critères généraux de nouveauté, de créativité, d’incertitude, de systématisation et de transférabilité). On tentera d’avancer des formules explicites de la figure du chercheur en arts et des structures collectives qu’il construit pour augmenter son pouvoir d’action, son rayonnement et son intégration au sein de la vaste communauté des chercheurs et des chercheuses (dimensions créatives, structurelles, institutionnelles, politiques et financières).

dimanche 4 novembre 2018


Biomorphisme, approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant
Exposition et colloque
BIOMORPHISME, APPROCHES SENSIBLES ET CONCEPTUELLES DES FORMES DU VIVANT
Exposition du 10 novembre au 10 février 2019
Du mercredi au vendredi de 14h à 19h
Samedi et dimanche de 13h à 19h
Vernissage vendredi 9 novembre à 18h
Lieu : La Tour-Panorama, 5
e étage
Associés depuis plusieurs années à un collectif interdisciplinaire de chercheurs dans les sciences et les humanités, les huit artistes présents dans l'exposition Biomorphisme travaillent sur les formes du vivant. Objet de profondes questions théoriques autant que de problématiques écologiques contemporaines, ces formes, dans leur diversité, sont pour eux des sources inépuisables d'émerveillement et d'inspiration artistique.
À travers le dessin, la sculpture, l'installation, la vidéo ou la performance, les œuvres interrogent des formes biologiques, visibles ou non, en relation avec leur milieu, leur mouvement, leur trace. Monumentales ou plus confidentielles, elles sont pour la plupart conçues spécifiquement pour l'exposition. Véritable évènement, la manifestation associe un colloque (le 25 janvier), des performances et des activités pédagogiques. L'exposition invite le public, spécialisé ou non, à une réflexion croisée, approfondie et informée entre les différents intervenants : artistes et théoriciens.

LES ARTISTES
Jean Arnaud, France, (vidéo, dessin, installation) - Peter Briggs, Angleterre, (sculpture, installation) - Amélie de Beauffort, Belgique, (dessin, installation) - Nathalie Delprat, France, (vidéo interactive) - Julie Pelletier, France, (sculpture, installation) - Sylvie Pic, France, (dessin) - Barbara Sarreau, France, (danse) - Teruhisa Suzuki, Japon, (installation, sculpture)

mercredi 10 octobre 2018

Conférence de Michel GUÉRIN à Bruxelles


Michel Guérin : 
Philosophie du geste

Conférence • 21/10/2018 — 11:30 > 13:00

ThalieLab
15 rue Buchholtz
1050 Bruxelles – Belgique



Atalante et Hippomène par Guido Reni, Prado, Madrid, Espagne. DR

Michel Guérin est né en 1946. Écrivain et philosophe, il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, littéraires, critiques ou théoriques. Agrégé de philosophie (1970), il est professeur émérite de l’Université d’Aix-Marseille et membre honoraire de l’Institut universitaire de France.

Il a notamment publié : aux P.U.F., La politique de Stendhal; chez Actes-Sud, Qu’est-ce qu’une œuvre ?Philosophie du geste (1995 – 2e édition augmentée 2011) ; à La Part de l’Œil, Origine de la peinture (2013). Il a dirigé plusieurs ouvrages collectifs aux Presses Universitaires de Provence, dont Le Geste entre émergence et apparence (2014). Il est membre du comité de lecture de la revue bruxelloise « La Part de l’Œil ». Son dernier livre (octobre 2018), Le Temps de l’art (Anthropologie de la création des Modernes), vient de paraître aux Éditions Actes Sud.

dimanche 3 juin 2018

"Biomorphisme. Approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant"


"Biomorphisme. Approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant"





Un programme de recherche transdisciplinaire "Biomorphisme. Approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant" s’est développé à Aix-Marseille Université depuis 2016. Il réunit des artistes et des théoriciens de diverses provenances géographiques et disciplinaires.
Ce programme possède désormais son blog :
https://biomorphisme.hypotheses.org/
Vous y trouverez un calendrier, des archives et des liens vers les travaux artistiques et théoriques des collaborateurs.
Jean Arnaud, Julien Bernard, Sylvie Pic

samedi 10 juin 2017

RANCIÈRE, « entre art et politique »

RANCIÈRE, « entre art et politique »
Par Robert Maggiori
— 31 mai 2017
« […] Les terrains où politique et esthétique se chevauchent ont déjà été cultivés par le passé, notamment par Adorno ou Benjamin. Mais Rancière ne situe les rapports entre art et politique ni dans l’esthétisation de la politique, ou sa transformation en spectacle de la gestion et de la « communication » des pouvoirs, ni dans la politisation de l’art, mais dans ce que les deux domaines « partagent », à savoir le statut de la visibilité. Si esthétique et politique forcément s’embrassent, c’est que le même « geste » les définissent, qui est celui d’organiser l’espace de la perception de façon telle que ce qui n’était pas visible soudain le devienne. On le conçoit pour l’œuvre d’art, qui, si elle est « grande », invente des langages (musicaux, picturaux, littéraires…) pour lesquels il n’y a pas encore de dictionnaires, et « montre » qu’il y a là quelque chose qui était encore inaperçu ou inouï. Mais il en va de même pour la politique, qui partage l’espace du collectif, réorganise le temps de l’action, crée d’autres mondes communs et rend « visibles » les capacités des sujets qui les habitent. […] »

Jacques Rancière, En quel temps vivons-nous ? Conversation avec Éric Hazan, La Fabrique, 80 pp.

vendredi 3 juin 2016

The Materiality of Nothing Symposium

Lancaster Institute for the Contemporary Arts
14th July
A one day symposium at Lancaster University bringing together practice and perspectives on negotiating the absent, unseen and unknown across art, science and social science.
Date & Time:  14th July 2016 10.30 – 17.00
Location : Lancaster University, LICA Building , C01 Design Studio
Context : Across the arts and sciences that we call ‘zero’ ,‘absence’ or ‘nothing’ remains a potent and powerful entity shaping the way we make sense of the world. It is staggering to reflect that 95% of our universe is invisible to human sensing; the provocation of the unknown and unseen is arguably at the core of creative thinking in the arts and sciences. This event brings together a range perspectives on materialising the absent, unseen and unknown to reflect on the following questions:
How can ‘nothing’ be embodied? How does it feel to encounter the immaterial and how might we negotiate it? How might mathematics - as a speculative 'messenger' to and from the unsensed - be understood as a medium for generating touch and relationship (or not)? How might absence, uncertainty be used as provocations and tool for creative thinking? What can this offer in terms of understanding relationship and non-relationship, affect and non affect?
Speakers include: Anna Lovatt (SMU, Dallas Texas) , Gary Sangster (Director Arts Catalyst) Charlie Gere (Lancaster University) Bron Szerzinski (Lancaster University) Liz deFreitas (Manchester University) Rebecca Fortnum (Middlesex University) Ian Bailey and Laura Kormos (Lancaster University).
The event will provide an opportunity to extend conversations initiated by the AHRC funded ‘Dark Matters’ project which considered the provocations around Thresholds of Imperceptibility. It aims to building on the success of a workshop at Lancaster (2015) and to develop a network of researchers working with the interstices between presence and absence from the arts and humanities, the social and physical sciences.
Call for drawings, notebooks and things we think with : As part of the event there will be a session on Negotiating the Imperceptible. We invite workshop participants to submit small drawings, notebooks or other object they use in thinking around the intangible. To submit a work, please send an image and description email Sarah Casey: sarah.casey@lancaster.ac.uk by July 1st 2016
Registration: Please sign up via the eventbrite site :
There will be is a small registration fee of £15 to cover lunch and refreshments throughout the day. The link to payment will be emailed to all participants following registration.

Any questions ? Email sarah.casey@lancaster.ac.uk