vendredi 12 mars 2010

Jean-Marc Musial

Jean-Marc Musial, “Trait pour trait, dialogues avec Jacques Dupin”
14 mars-11 avril 2010
Galerie EGP, Paris 18e.

« Jean-Marc Musial présente à la Galerie E.G.P des dessins à la plume et à l'encre de chine à main levée, issus d'un dialogue avec la poésie de Jacques Dupin. Son support fétiche est la feuille Ingres, devenue espace mental, image, manière noire. Sa pratique du dessin est uniquement constituée d'encre noire, de becs de plume et de feuilles ; ligne d'exigence et de radicalité, moyen d'expression simple et direct.
La première rencontre de Jacques Dupin, en dehors de son œuvre poétique, fut à l'occasion d'une lecture que le poète donnât de La Folie du jour de Maurice Blanchot en septembre 2007 au Petit Palais à Paris. Musial a alors imaginé de retranscrire avec sa plume l'émotion si particulière alors ressentie, en réalisant un dessin : Dos de Blanchot. En concentrant son trait sur l'écriture de Jacques Dupin, il s'est posé la question de l'art sous l'angle double de la poésie et du dessin. Ses premières expériences furent Le corps clairvoyant qui est un recueil rassemblant plusieurs corps de poèmes (1963-1982).
« La feuille déchirée pour lumière
sur le sol consolidé
nous marchons » - Ou meurtres. J. Dupin
Il a ainsi modelé le trait en donnant un corps à la lettre mais aussi en la faisant totalement disparaître: il a posé par moment le poème à côté de sa feuille et l'a retranscrit de manière abstraite et secrète tout en gardant un attachement à la figure, au visage, ce qui n'empêche pas la non représentation. Musial comme Dupin restant de toute façon tentés par l'irreprésentable […]
« Ce que je vois et que tu tais m'épouvante.
Ce dont je parle, et que j'ignore, me délivre.
Ne me délivre pas.
Toutes mes nuits suffiront-elles à décomposer cet éclair ?
O visage aperçu, inexorable et martelé par l'air aveugle et blanc ! » - Lichens. J Dupin
(“That which I see, and do not speak of, frightens men. What I speak of, and do not know, delivers me. Does not deliver me. Will all my nights be enough to decompose this bursting light ? O inexorable seen face, hammered by the blind white air !” Lichens J. Dupin. Traduction Paul Auster)
Lire un poème, se le réciter intérieurement, ou regarder un dessin en s'abandonnant aux lignes de force ce n'est pas le même processus: lecteur ou regardeur ? Il a alors confronté son travail au poète, ce qui fut là l'objet de leur première vraie rencontre […] Tentant « une expérience de la totalité, fondée dans le futur et expiée dans le présent », Musial cherche là où cela n'existe pas encore et crée dans l'immédiateté face à la feuille, au vertige d'un blanc […] »
http://www.paris-art.com/agenda-culturel-paris/Trait%20pour%20trait,%20dialogues%20avec%20Jacques%20Dupin/Jean-Marc%20Musial/10275.html

Jean-Marc Musial, Anatomie.

«Quand on écrit sur Auschwitz, il faut savoir que, du moins dans un certain sens, Auschwitz a mis la littérature en suspens. À propos d’Auschwitz, on ne peut écrire qu’un roman noir ou, sauf votre respect, un roman-feuilleton dont l’action commence à Auschwitz et dure jusqu’à nos jours. Je veux dire par là qu’il ne s’est rien passé depuis Auschwitz qui ait annulé Auschwitz, qui ait réfuté Auschwitz. Dans mes écrits, l’Holocauste n’a jamais pu apparaître au passé.»
Imre Kertész, Eurêka !, Discours de réception du prix Nobel, 2002, L'Holocauste comme culture, Actes Sud, 2009.
http://www.paperblog.fr/2143556/au-dela-de-l-effondrement-7-l-holocauste-comme-culture-d-imre-kertesz/

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