lundi 28 novembre 2011

Colloque. L’image peut-elle nier ?

L’image peut-elle nier ?
Explorations dans les domaines artistique et scientifique
Université de Liège,
15 et 16 décembre 2011
Salle de l’Horloge (2e entresol, Bâtiment central, 7 place du XX août, 4000 Liège)

Jeudi 15 décembre 2011
9h00-9h30 Accueil et ouverture par Sémir Badir et Maria Giulia Dondero
9h30-10h15 Jean-François BORDRON, Modes de la négation iconique
10h15-11h Marion COLAS-BLAISE, Reproduction sérielle et citation de l’image : répéter, est-ce nier ?
11h15-12h00 Anne BEYAERT-GESLIN, La négation de la compétence
12h00-12h45 Maria Giulia DONDERO, La négation énonciative par niveaux : du texte visuel au statut
14h30-15h15 Philippe LOMBARD, Métalepses du regard
15h15-16h00 Caroline JULLIEN, Sur quelques figures de l'infini
16h15-17h00 Odile LE GUERN, De quelques pratiques énonciatives pour une négation par l’image
17h00-17h45 Ivan DARRAULT-HARRIS, De l'allégorie à la scène mythique : de quelques assertions et négations iconiques

Vendredi 16 décembre 2011
9h30-10h15 Bernard VOUILLOUX, Entre ceci et cela. Négation linguistique, dénégation iconique
10h15-11h00 Gian Maria TOR, L’image peut-elle énoncer ?
11h15-12h00 Valérie ANGENOT & Jean WINAND, L’image égyptienne peut-elle nier ?
12h00-12h45 Sémir BADIR, Figures de la négation chez Magritte
14h30-15h15 Denis BERTRAND, Titre à confirmer
15h15-16h00 Carolina LINDENBERG LEMOS, L’absence et l’interruption dans un parcours interprétatif d’une installation de Dany Danino
16h00-16h30 Jean-Marie KLINKENBERG, Conclusions

« La négation est une propriété qu’on assigne d’ordinaire aux langages, naturels comme formels. […] L’hypothèse sémiotique selon laquelle l’image est justiciable d’une analyse en termes de langage invite à ce que l’on postule également à son endroit la propriété de négation. L’image peut-elle nier ? Si oui, comment le fait-elle ? On remarque aisément que, en dehors des cas triviaux d’usage d’un symbole ou quasi-symbole (croix, barre oblique, couleur rouge, etc.), les formes de négation de l’image sont toutes « indirectes ». C’est à explorer le parcours que prend la négation dans l’image et à consigner ses possibilités de manifestation en fonction des spécificités sémiotiques du visuel que le présent colloque est consacré.
En l’occurrence, les spécificités sémiotiques les plus utiles à la description de la négation dans l’image nous paraissent relever de ce qu’on a coutume d’appeler l’énonciation. Aussi est-ce à partir des modes d’existence et des instances énonciatives que l’on suggère de mener cette exploration.
Les modes d’existence des figures visuelles permettent d’évaluer leurs degrés de présence au sein d’une énonciation globale. Les figures peuvent ainsi être virtualisées, figures absentes dont le manque même est manifesté (par exemple à travers un espace vide dans la topologie de l’image) ; elles peuvent être potentialisées, notamment quand elles sont en attente d’un développement ; elles peuvent encore être actualisées, c’est-à-dire présentes dans l’image mais faiblement assumées, ou cachées, ou équivoques. Il s’agirait, à partir de ce cadre théorique, d’évaluer les degrés de présence de la négation dans l’image. Quelles sont les forces (au sens deleuzien, voir Logique de la sensation, 1981) qui entrent en dynamique et permettent à la négation de se manifester ? Par exemple, la non-figuration d’une valeur positive assertée précédemment suffit-elle à la manifestation d’une négation (à ce sujet, voir l’analyse de Rencontre de deux sourires de Max Ernst dans J. Fontanille « Le trope visuel. Entre présence et absence », 1996) ? […]
Au-delà de ces formes de manifestation, il devrait apparaître clairement que les valeurs propres à la négation dans l’image dépassent de loin son seul sens logique de contradiction. Il s’agirait dès lors de voir comment l’image rend pertinentes d’autres acceptions de la négation, en alléguant des champs sémantiques divers. En particulier, on peut envisager une acception méréologique, où l’organisation globale permet de reconnaître et donner sens aux relations entre les vides et les pleins, une valeur narrative, où il s’agit souvent de positionnements négatifs permettant de réinitialiser une histoire, et une acception métaphysique (quand on fabrique, en arts comme en sciences, des formes expérimentales pour ce qui n’a pas de tangibilité apparente et qu’il ne paraît possible de décrire que négativement — Dieu, l’antimatière, etc...).
Enfin, il importerait également de statuer sur les niveaux de pertinence où la question de la négativité intervient : celui de l’image-texte (y compris les phénomènes d’intertextualité), celui du genre et celui du statut social. […] »

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