mardi 9 mars 2010

Mars - Paris est dessin

1. Le Salon du dessin contemporain
67 galeries internationales
au Carrousel du Louvre, du 25 au 28 mars 2010
http://www.salondudessincontemporain.com/

Aurélie Gravelat
2. Aurélie Gravelat et Hélène Moreau participent à la
Foire Internationale : Dessins du 21e siècle
première foire destinée aux étudiants des grandes écoles d’art européennes. Sur cent-vingt dossiers de candidature venus d’Allemagne, de Belgique, du Danemark, de Finlande, de France, de Grande Bretagne, d’Italie,de Serbie et de Suisse, cinquante-huit ont été sélectionnés par le jury.
http://foireinternationaledudessin.com/selection.html#96

Hélène Moreau
3. Le salon du dessin
XI ème EDITION DE LA SEMAINE DU DESSIN, du 22 au 29 mars 2010
Palais de la Bourse - Palais Brongniart, Place de la Bourse, 75002 Paris, entrée rue Vivienne, accueille cette année 39 galeries, spécialisées dans les dessins anciens, modernes ou contemporains.
http://www.salondudessin.com/

4. CHIC Dessin
Installé dans un loft de 700m2 à 100 mètres et en partenariat avec le Salon du Dessin implanté dans le Palais de la Bourse, CHIC Dessin investit deux niveaux, sous les verrières et dans les salons de l’Atelier Richelieu situé au 60, rue de Richelieu, au cœur de Paris, du 26 au 29 mars. CHIC Dessin présentera une sélection pointue d’environ 20 galeries françaises et internationales représentant le dessin sous toutes ses identités..
http://chic-artfair.com/

5. XI ème EDITION DE LA SEMAINE DU DESSIN
Du 22 au 29 mars 2010, en marge du Salon du Dessin, la Semaine du Dessin est l’occasion de découvrir une sélection d’oeuvres accrochées ou exposées dans plusieurs musées et autres collections publiques. D’abord parisienne, la Semaine du Dessin s’étend désormais hors de la capitale.Les musées de Boulogne, Sèvres, Sceaux, ou encore Chantilly ouvrent, à leur tour, leurs collections de dessins au public. Ces lieux se veulent très variés, donc, à l’image des dessins qui y sont présentés.
http://www.salondudessin.com/index.php?option=com_content&view=article&id=78%3Aaccueil-semaine-du-dessin&catid=38%3Asemaine-du-dessin-dans-les-musees&Itemid=79&lang=fr

Académie - Portes ouvertes






















Arba-Esa - OPEN! - Portes ouvertes les vendredi 19 et samedi 20 mars 2010, de 10 heures à 17 heures.

samedi 6 mars 2010

“En quelques traits” à l’ISELP

Amélie de Beauffort, Virginie de Limbourg et Benoît Félix

Amélie de Beauffort

participent à l’exposition collective “En quelques traits”
à l’ISELP,
Boulevard de Waterloo 31,
1000 Bruxelles
du 19 février au 10 avril 2010.

Benoît Félix
La commissaire de cette exposition consacrée au dessin est Catherine Henkinet.
Votre serviteur signe l’un des deux textes du catalogue sous le titre “Le dessin, lieu de l’effacement”.
http://www.iselp.be/exposition/grande%20salle/actu.html

lundi 1 mars 2010

Angel Enciso

Angel Enciso
psychanalyste
5 leçons publiques
2010
"L'art et la matière"
les mercredis de 19 à 21 h
3 – 10 – 17 – 24 et 31 mars

Pour l'art, nous évoquons plus facilement la forme, l'esprit, le style ou la manière.
Reste pourtant la matière qui ne se confond pas avec les matériaux et dont il est bien difficile de préciser de quoi et pour quoi elle est faite.
Ce sera donc le thème de ces conférences ouvertes à la confrontation entre l'art, la philosophie et la psychanalyse.
Angel Enciso

Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles
Rue du Midi, 144, 1000 Bruxelles
Auditoire Geerinck
Entrée libre

Organisé en collaboration avec les éditions La Part de l’Œil

Dessins à la Galerie de France


"27 dessins pour le plaisir", New Galerie de France au Salon du Dessin 2009

vendredi 26 février 2010

Rouge, diaphane

Rencontre avec Jean-Louis Schefer
La Cause des portraits, éd. P.O.L., 2009
à la librairie Chapitre XII
le 9 mars à 18 heures.
Il sera aussi question de Une Maison de Peinture.
Librairie Chapitre XII
Avenue des Klauwaerts 12, 1050 Ixelles, Belgique . 32 (0)2 640 51 09

« Aristote règle d'abord une machine merveilleuse : celle d'une optique imaginaire. Le rouge est la maladie des femmes : ce que fait leur corps. Le rouge devient une surface, l'objet et le filtre même de la vision lorsqu'elles se regardent au miroir au moment de leurs règles. La mécanique d'Aristote est faite par un jeu de métaphores (c'est-à-dire aussi, de renvois) entre l'humeur vitrée de l'œil et l'eau gelée du miroir : leur terme commun est le diaphane, condition du visible. Le diaphane est une chose et une catégorie, une substance incorporelle, sans contour, dans laquelle l'acte de vision inscrit ou découpe des figures. Mais cette condition a priori de la visibilité est déjà chose et chose en suspension, ou plutôt suspension de chose. Or ce qui fait apparaître la couleur rouge en une vision sans corps, une pure expansion d'humeur sans contour est un supplément de nature. C'est, qu'au sens propre, le rouge déborde. […] Le rouge est produit (ou fait) par un corps dans des conditions extraordinaires. La production de ce supplément chez Aristote est une digression enchâssée dans des considérations sur les rêves : la question de la vision y est celle des perceptions rémanentes, de la persistance des traces d'objets venus du dehors ou de fabrication d'objets à partir de mouvements physiologiques (de la recherche d'une homostase entre des pressions et des fluides) ; ces objets sont des nuées que l'activité d'un sens (son adhésion), privé du concours correctif des autres sens, crédite de réalité (de formes et de ressemblance). Un travail du diaphane qui convertit l'intérieur en extérieur. A quelque degré, cela ressemble à la conversion de la catégorie en substance. »
Jean Louis Schefer, Question de style, éd. L’Harmattan, 1995, pp. 63, 69 et 70.


Jean Louis Schefer, né à Paris en 1938. Diplômé de l’École des Hautes Etudes : "Les écritures figuratives, un problème de grammaire égyptienne" (rapporteurs R. Barthes, A. Greimas). Il habite à Venise de 1967-68 où il rédige son premier livre, Scénographie d’un tableau, publié en 1969 ; participe au premier structuralisme (sémiologie des arts visuels). Collabore aux revues Tel Quel, Communications, Information sur les sciences sociales, Littérature, Critique, Cahiers du Cinéma. Enseigne de 1970 à 1980 sa recherche (problèmes d’analyse picturale, sciences modernes de la signification, pour une histoire de la culture), aux universités de Paris I, Paris VIII, et tient un séminaire de recherche à l’École normale supérieure (Ulm). En 1975 publie son second livre sur le problème du temps chez saint Augustin (L’invention du corps chrétien : résultat de son enseignement rue d’Ulm : le droit romain et la première théologie). Elabore des essais théoriques sur l’économie du signe dans les systèmes figuratifs : publication d’essais sur la peinture et le cinéma. En 1981 quitte l’enseignement pour fonder une structure d’édition (publication du De Constantia jurisprudentis de Giambattista Vico). Durant les années 80 travaille avec des préhistoriens (nombreuse visites de grottes paléolithiques) sur l’interprétation des figures pariétales (publication en 1999 d’un ouvrage Questions d’art paléolithique). À partir de 1997 publie ses ouvrages aux éditions P.O.L, alterne les essais critiques sur les arts visuels (peinture, cinéma) et la littérature, publie son journal de travail, Main courante. Publie son "Musée imaginaire" en 2004, Une Maison de peinture (éditions Enigmatic). Paru en novembre 2007, L’hostie profanée sur l’histoire du rituel et du dogme dans l’Europe latine durant le Moyen Âge.

samedi 20 février 2010

Drawing Research Network Annual Conference

Drawing Research Network Annual Conference “Observation, Mapping, Dialogue”
September 14th 2010
University of Brighton
Confirmed Keynote: Professor Deanna Petherbridge
The underlying theme for this year’s DRN conference is the variety of ways in which drawing can generate new knowledge and understanding. How can we ensure that drawing research is recognised as rigorous? How does it differ from other tools of enquiry? Who uses it and why?
The format of the conference has been designed to provide maximum opportunities for our research community to share ideas and work in progress. The programme will include plenary keynotes, a display of peer-reviewed posters and workshop sessions with contributions from a variety of disciplines to open up discussion of the sub-themes identified in the conference title:
- Observation. What is particular about discovery through observational drawing?
- Mapping. How does drawing support the generation of conceptual relationships and new understanding – for instance, through diagrams, mind mapping and other forms of visualisation?
- Dialogue. What is the role of drawing in enabling and documenting communication and dialogue?
http://www.drawing-research-network.org.uk/call-for-poster-contributions-to-drn-annual-conference-2010/

TRACEY


“TRACEY is an electronic open access journal dedicated to the presentation of drawing and discussion of drawing practice and contemporary issues, stimulating, open-minded and contemporary interested in the nature of drawing activity, physically, cognitively, creatively, a place where people can engage in discussion and debate, a place to publish and exchange ideas, a virtual gallery.
TRACEY introduce a diverse range of material to a fast growing audience of practitioners, educators, students and researchers, represent many perspectives on drawing including fine art, architectural design, graphics, product design and visualization, question preconceptions and embrace new notions, see drawing as a fundamental thinking tool, advocate the value of drawing in professional and educational contexts, periodically focus on topics of central concern, provide a focus and forum for all aspects of drawing research, cross the boundaries of art, design, science, technology, education and life, encourage participation and collaboration.
Research themes:
syntax of mark and gesture ; mapping and memory ; is drawing a language? ; education ; thinking ; process ; fragmentation ; sketchbooks (about) ; representation ; drawing & technology ; drawing across boundaries ; communication ; narrative ; performance ; what is drawing for?”
http://www.lboro.ac.uk/departments/ac/tracey/

jeudi 18 février 2010

Conférence de Slavoj Zizek

dans le cadre du cycle
“Penser la condition anthropologique aujourd’hui”
organisé par le
Département de philosophie des FUNDP-NamurCentre d'Etudes Sciences et Philosophie à Namur (ESPHIN) Pôle anthropologie philosophique et transdisciplinaire (ANPHIT)

Slavoj Zizek
philosophe et psychanalyste, professeur à l'université de Ljubljana
Conférence
le lundi 8 mars à 18h30
“Est-il possible d'être hégélien aujourd'hui ?”

Le mardi 9 mars de 9h30 à 17h30
Journée d’étude autour des travaux de Slavoj Zizek. En outre sa manière de mobiliser et renouveler les références à Lacan, Hegel, Schelling, Deleuze mais aussi au cinéma, à l’opéra
Parmi les ouvrages qui seront sollicités :
Essai sur Schelling Le reste qui n'éclôt jamais, L’Harmattan, 1996
Lacrimae rerum Essais sur Kieslowski, Hitchcock, Tarkovski et Lynch, éd. Amsterdam, 2005
Bienvenue dans le désert du réel, Flammarion, 2005
La subjectivité à venir Essais critiques, Champs/Flammarion, 2006
Le sujet qui fâche : Le centre absent de l'ontologie politique, Paris, Flammarion, 2007
Organes sans corps : Deleuze et Conséquences, éd. Amsterdam, 2008
La parallaxe, Paris, Fayard, 2008.

Interviendront lors de cette journée :
Olivier Beuvelet (Univ. Paris III) : La mise au jour par le film (ou le cinéma comme dévoilement des structures fantasmatiques...)
Florence Caeymaex (ULg.) : Politique et communisme
Augustin Dumont (FUSL) : Le matérialisme de Zizek et la métaphysique du Réel
Antoine Janvier (ULg.) : Révolution radicale et philosophie : Zizek, Deleuze et GuattariS
ébastien Laoureux (FUNDP) : Logiques de l’aliénation. Autour du concept de Subjectivité
Antoine Masson (FUNDP/UCL) : Autour de la topologie du réel, du manque et de l’excès, de la conscience…
Guy Mertens (Psychanalyste, Bruxelles) : Autour de la responsabilité
Eli Noë (Univ. de Gand) : Autour du statut ontologique du négatif…
Jean Stillemans (UCL) : Fabriquer les corps : la part (vide) de l’architecture

Lieu : FUNDP-Namur – Faculté Philo et lettres – 1, rue Grafé – auditoire L3 (pour le 8 mars) et L5 (le 9 mars). Entrée libre

mercredi 17 février 2010

Drawing Symposium: Why is Drawing Important?

Drawing Symposium: Why is Drawing Important?
Burton Art Gallery and Museum
Kingsley Road, Bideford
North Devon, EX39 2QQ
5th March 2010
10am - 4pm,
£40 full price, £30 concession (over 60 or student ID) Places are limited.
(To book a place complete a booking form and return with payment.)

Organised in collaboration with Petroc School of Art and timed to coincide with the Jerwood Drawing Prize 2009 exhibition at the Burton, this symposium looks at drawing and its relevance today.
http://www.burtonartgallery.co.uk/news.php

Drawing Spaces

Drawing Spaces is a project space located at Fábrica Braço de Prata, in Lisbon, that seeks to promote investigative practices related to the subject of drawing. This project supports collaborations between artists and researchers from Portugal and artists and researchers from abroad. Drawing Spaces involves 22 artistic residencies and exhibitions; a series of lectures and debates; and various activities for art students and the general public related to the subject of drawing.

Fábrica Braço de Prata
Rua da Fábrica do Material de Guerra, nº1
1950-128 Lisboa

Past exhibitions
June 2009, Contemporary Space Unit, Chirstine Mackey
May 2009, Drawing: Between Art and Science, Lucy Lyons and Marta de Menezes
April 2009, Diamond sea #2, Paulo Brighenti
March 2009, Graphic Diaries, Perspicacity and Neutrality in Daily Drawing, Eduardo Côrte-Real
February 2009, Drawing undone part 2, Aileen Stackhouse and Cordelia Underhill
January 2009, Red Earth, Onya McClausand
December 2008, Desenho Livre [Free Drawing], Daniel Melim, Chinese Whispers, Rachel Cohen November 2008, De-Skill, Re-Skill, Juliet MacDonald
October 2008, Value-less, Meaning-less, Teresa Carneiro

http://drawingspacesen.weebly.com/

jeudi 11 février 2010

Giovanni Careri et Jean-Claude Lebensztejn

Conférences au Louvre
“Le Printemps du Baroque”
Auditorium
Jeudi 11 février 2010 à 18h30
Giovanni Careri, EHESS, “Le baroque à l’œuvre : matières, affects, effet”.
Jeudi 18 février 2010 à 18h30
Jean-Claude Lebensztejn, “Orphée. L’art et la mort”.

mercredi 10 février 2010

GEMCA


Groupe d’Analyse Culturelle de la Première Modernité
Au travers de plusieurs projets et réseaux, belges et internationaux, le GEMCA mène ses activités sur les XVIe et XVIIe siècles, période pendant laquelle les représentations symboliques, emblématiques et allégoriques occupent une place de choix dans l’ensemble des productions tant textuelles que visuelles. Ces représentations obéissent à un principe d’expression figurée et sont, de ce fait, autant de déclinaisons concrètes de la notion de figure. C’est autour de cette figura, tout à la fois théologique, rhétorique et plastique, que s’articule l’ensemble des activités du GEMCA, pour tenter d’en circonscrire la nature et les usages. Il s’agit d’en approcher la définition et la description, du point de vue cognitif, sémiologique, poétique et esthétique. L’exploration de ce mode spécifique de représentation permet de contribuer à une épistémologie de la représentation ainsi qu’à une anthropologie de l’imaginaire de la période early-modern. Adopter comme point de vue sur la période celui des expressions figurées participe en effet de la redécouverte non seulement de corpus peu exploités, mais aussi de modes de penser encore peu étudiés. Les projets et activités amorceront ainsi une cartographie culturelle de cette période.
Le Centre d’Analyse Culturelle de la Première Modernité est une équipe de recherche interdisciplinaire de l’Université catholique de Louvain (Belgique) dont le but est de développer la recherche sur les XVIe et XVIIe siècles selon des points de vue (corpus et méthodologie) encore peu explorés. En particulier, le GEMCA s’occupe d’histoire et d’analyse culturelles, en prenant pour terrain d’étude privilégié les représentations symboliques, emblématiques et allégoriques, autrement appelées figures.

Direction : Ralph Dekoninck, département d’Archéologie et Histoire de l’Art, professeur et Agnès Guiderdoni-Bruslé, département d’Etudes Romanes, chercheuse qualifiée du FNRS, professeur.

samedi 6 février 2010

Valerio Adami





Valerio Adami
Dessins




Du 9 janvier au 27 février 2010
Galerie Templon, Paris
Ifigenia, 2007, fusain sur papier, 48 x 36 cm






Valerio Adami, 2010, Sulle punte, crayon sur papier.


“Dans “+ R (par-dessus le marché)” in La vérité en peinture, Jacques Derrida explore les études, dessins et peintures de Valerio Adami et examine comment la frontière entre la politique et l'art, la philosophie et l'art, l'original et la copie, la signature et le nom authentique, est construite et encadrée.”

lundi 18 janvier 2010

“L'avenir de la recherche artistique”

“L'avenir de la recherche artistique”
Synthèse subjective de l’intervention de Michael Schwab
à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles le 17 décembre 2009.

Serait-il possible en Communauté française d’économiser dix ans de vaines tergiversations autour de la définition de la recherche artistique en tirant les conclusions des errements observés dans les pays voisins ?
Michael Schwab expose la sorte de “double contrainte”, de cercle vicieux, dans lequel les définitions existantes se trouvent prises : le texte accompagnant la recherche artistique est présenté comme second, mais néanmoins, la recherche artistique n’est considérée comme ”recherche” qu’en fonction de ce texte que l’on porte garant d’apporter la preuve de la réflexion critique mise en œuvre dans le travail plastique. Il est stupéfiant de voir Schwab exhiber un extrait de la République qui déjà partage ainsi les rôles entre l’art, qui doit prouver son utilité pour la cité, et des défenseurs, qui ne sont pas les artistes, à qui Socrate demande de défendre la cause de l’art. Il s’agit donc de sortir de cette façon de poser le rapport de l’art et de la théorie. « Etre rejetée du domaine du savoir est la réalité historique de l'art, qui trouve un écho dans la distinction entre “théorie” et “pratique”. »
Pour surmonter l’opposition pratique/théorie, Michael Schwab propose de partir de la notion derridienne de “supplément”[1]. Concrètement, pour la recherche artistique, il appelle à « rendre la supplémentation de la pratique par la théorie explicite au travers des moyens de la déconstruction et [à] s'approprier la supplémentation dans et en tant que pratique ». Ce centre, cette référence manquante rendent caduque toute idée d’identité donc également d’identité en termes d’art. Or « l’art, en son originalité et son autonomie, nous confronte avec une remise en question d’une conception établie de l’art ». De même, par définition la recherche « doit être originale », ce qui implique qu’elle aussi, comme pratique, « est non identifiée ».
D’où Michael Schwab peut conclure que, par certains de ses aspects, l’art « résiste à la production de sa propre identité », et que « la recherche artistique est l'une des voies selon lesquelles les formes dominantes de savoir sont mises en cause », celles « qui allie[nt] si commodément savoir et pouvoir au travers des structures de l'identité », « une mise en cause qui ne peut être soutenue que si la recherche artistique ne se trouve pas absorbée dans l'art et [qu’elle (la recherche artistique)] devienne l’autre de la connaissance identifiée ». Cette « pensée émerge de la déconstruction, bien qu’étant pratique, elle […] est une pratique du savoir soustraite à l'identification théorique ».

Lucien Massaert

[1] Pour Derrida, « le concept de supplément […] abrite en lui deux significations dont la cohabitation est aussi étrange que nécessaire » : le supplément est à la fois ce qui “s’ajoute” (un “surplus”) et ce qui “supplée”, remplace, “comble un vide”, vient “à-la-place-de” ce qui fait “défaut”. (Jacques Derrida, De la grammatologie, éd. de Minuit, 1967, p. 208.)
Suppléer ne signifie pas combler. Le « mouvement du jeu, permis par le manque, l’absence de centre ou d’origine, est le mouvement de la supplémentarité. On ne peut déterminer le centre et épuiser la totalisation parce que le signe qui remplace le centre, qui le supplée, qui en tient lieu en son absence, ce signe s’ajoute, vient en sus, en supplément ». (Jacques Derrida, “La structure, le signe et le jeu” in L’écriture et la différence, éd du Seuil, 1967, p. 423.)

jeudi 14 janvier 2010

The Drawings of Bronzino


The Drawings of Bronzino
January 20, 2010–April 18, 2010
The Metropolitan Museum of Art, New York
Galleries for Drawings, Prints, and Photographs

This exhibition is the first ever dedicated to Agnolo Bronzino (1503–1572), and will present nearly all the known drawings by, or attributed to, this leading Italian Mannerist artist, who was active primarily in Florence. A painter, draftsman, academician, and enormously witty poet, Bronzino became famous as the court artist to the Duke Cosimo I de’ Medici and his wife, the Duchess Eleonora di Toledo. This monographic exhibition will contain approximately 60 drawings from European and North-American collections, many of which have never before been on public view. Accompanied by a catalogue, authored by a team of international scholars, to be published by the Metropolitan Museum.
Exhibition organized by The Metropolitan Museum of Art, New York, in collaboration with the Gabinetto Disegni e Stampe degli Uffizi and the Polo Museale Fiorentino, Florence.

The Drawings of Bronzino
Publisher: Metropolitan Museum of Art, 256 pages
Authors: Carmen C. Bambach is Curator, Department of Drawings and Prints at The Metropolitan Museum of Art. Janet Cox-Rearick is Distinguished Professor Emerita, The Graduate Center, CUNY. George R. Goldner is Drue Heinz Chairman of the Department of Drawings and Prints at The Metropolitan Museum of Art. Philippe Costamagna is Curator of the Musée Fesch, Ajaccio, Corsica. Marzia Faietti is Director of the Gabinetto Disegni e Stampe degli Uffizi, Florence. Elizabeth Pilliod is Professor, the State University of New Jersey-Camden.

jeudi 7 janvier 2010

Objet mélancolique et célibataire

Bibliographie du workshop “Ready-made ou bricolage mathématique comme objet mélancolique et célibataire” (14 - 18 décembre 2009)

Lundi
- Bernard Magné, “Quelques pièces pour un blason ou les sept gestes de Perec”, Portrait(s) de Georges Perec, Bibliothèque nationale de France, 2001, pp. 199-233.
- Jackie Pigeaud, “Présentation” de Aristote, L’Homme de génie et la Mélancolie. Problème XXX, 1, éd. Rivages, Petite Bibliothèque, 1988, pp. 9-80.

Mardi
- Harald Szeemann, “Les machines célibataires”, Michel Carrouges, “Mode d’emploi”, Les machines célibataires, éd. Alfieri, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1975, pp. 5-12 et 21-47.
- Jackie Pigeaud, “Introduction”, La maladie de l’âme, éd. Les belles lettres, 1989, pp. 9-27.

Mercredi
- Raymond Roussel, Comment j’ai écrit certains de mes livres, 10/18 n° 1124, 1977 (éd. J.-J. Pauvert, 1963), pp. I-IV et 11-35.
- Hermes Salceda, “Nouvelles impressions d’Afrique de Raymond Roussel. Des proses à procédé aux procédés à vers”, Théorie, Littérature, Enseignement n° 16-1998, Presses universitaires de Vincennes, pp. 65-86.
- Raymond Klibanski, Erwin Panofsky et Fritz Saxl, Saturne et la mélancolie, éd. Gallimard, 1989, pp. 540-547 et 557-583 (extrait du chap. “Dürer. La gravure Melencholia I”).

Jeudi
- Claude Burgelin, “Quelques remarques sur le sujet oulipien en guise de préface”, Un art simple et tout d’exécution. Cinq leçons sur l’Oulipo, coll., éd. Circé, 2001, pp. 9-20.
- Georges Perec, La vie mode d’emploi, ch. LII, “Plassaert, 2”, éd. Hachette, 1978, pp. 299-307.
- Mélancolie, génie et folie en Occident, catalogue de l’exposition du Grand Palais, Paris, Jean Clair, “La mélancolie du savoir”, Yves Hersant, “Mélancolie rouge”, Yves Hersant, “L’acédie et ses enfants”, éd. Gallimard, Réunion des Musées nationaux, 2005, pp. 202-208, 112-118 et 54-59.

Vendredi
- François Le Lionnais, “Premier, deuxième et troisième manifeste”, Anthologie de l’Oulipo, Poésie/Gallimard, 2009, pp. 787-801.
- Gérard Wajcman, L’objet du siècle, éd. Verdier, 1998, pp. 68-103.

Art and Artistic Research

Art and Artistic Research
Zurich Yearbook of the Arts, vol. 6

“Artistic research” is a new practice in the arts in which artists act as researchers and present their findings in the form of artwork. This practice is firmly established at European universities but has so far provoked little public response. What distinguishes artistic research from “mere” art, and what contribution can it make to the art world? Specialists in five disciplines (music, fine arts, design, literature, performance) from the United Kingdom, Sweden, Norway, the Netherlands, Australia, Germany, and Switzerland respond.

Editors
• Corina Caduff, Prof. Dr., Literature and Cultural Studies Scholar, Zurich University of the Arts
• Fiona Siegenthaler, Art Historian, Zurich University of the Arts and University of Basel
• Tan Wälchli, Stipendiary of the Swiss National Science Foundation and visiting researcher at the University of Chicago
Available in bookshops and at Verlag Scheidegger & Spiess
www.scheidegger-spiess.ch/fullinfo.php?id=318


Content
Hans-Peter Schwarz . . . . . . . editorial
Corina Caduff, Tan Wälchli . . . . . . . introduction
Art and/as Research
Nina Malterud . . . . . . . can you make art without research?
Germán Toro-Pérez . . . . . . . on the difference between artistic research and artistic practice
Johan Öberg . . . . . . . difference or différance?
Marcel Cobussen . . . . . . . the intruder
Michael Schwab . . . . . . . first, the second
Disciplines
Henk Borgdorff . . . . . . . artistic research as boundary work
Huib Schippers, Liam Flenady . . . . . . . beauty or brains?
Claudia Mareis . . . . . . . design research
Corina Caduff . . . . . . . literature and artistic research
Mats Rosengren . . . . . . . art + research ≠ artistic research
Artists’ Views
Efva Lilja . . . . . . . throw the stones really hard at your target or rest in peace
Sibylle Omlin . . . . . . . guile of innocence
Claire MacDonald . . . . . . . in her acoustic footsteps
Christoph Schenker . . . . . . . value judgments
Places, Projects, Universities
Hans-Peter Schwarz . . . . . . . from undisciplined to transdisciplinary (Zurich)
Kirsten Langkilde, Stefan Winter . . . . . . . new morphologies (Berlin)
Julie Harboe . . . . . . . art-driven research (Lucerne)
Arne Scheuermann, Yeboaa Ofosu . . . . . . . on the situation of artistic research (Bern)
Meret Wandeler, Ulrich Görlich . . . . . . . the archive of the place

Eds. Corina Caduff, Fiona Siegenthaler, Tan Wälchli
Zurich University of the Arts (ZHdK) and
Verlag Scheidegger & Spiess, 2010
16 x 21,6 cm, 464 pages
ill. 10 color, 82 b/w
English/German
IS BN 978-3-85881-293-3
CHF 49.90/EUR 35.00

samedi 26 décembre 2009

Hommage à Lévi-Strauss

Une synthèse lumineuse de Stéphane Breton pour se faire une première idée du structuralisme
"La vie d'un penseur ne commence pas par la fin, lorsque tout est clair, mais par l'expérience initiale d'un échec dont il lui faut imposer la valeur […] Lévi-Strauss aurait tendu ses filets trop haut. Son tour d'esprit philosophique l'aurait empêché de voir une chose simplement comme elle était.
Comme beaucoup de ses jeunes lecteurs, c'est la hauteur de vue de Lévi-Strauss qui m'a d'abord ébloui. Je crois maintenant que son génie réside dans ce prétendu échec ethnographique, qui est seulement le fruit de l'art, l'art de regarder deux choses à la fois et de ne jamais se satisfaire d'une seule. On peut lire dans Tristes Tropiques quelques pages décisives contenant l'œuvre à venir. Lévi-Strauss y décrit les peintures corporelles des femmes caduveo du Mato Grosso. Il y trouve une dualité de styles, l'un angulaire et géométrique, l'autre curviligne et libre, dont la composition selon un axe oblique conduit à un singulier mélange de symétrie et d'asymétrie rappelant nos cartes à jouer.
Première question « structuraliste » : à quelle nécessité logique cela obéit-il ?
Lévi-Strauss souligne que les Caduveo étaient gouvernés par deux idées contradictoires. La première était un principe binaire d'égalité et de symétrie : la société était divisée en deux moitiés exogames opposées, les hommes de l'une devant obligatoirement prendre épouse dans l'autre et réciproquement. La deuxième était un principe ternaire d'inégalité et d'asymétrie : la société était divisée en trois castes hiérarchisées dont les hommes ne devaient prendre épouse que dans la leur (à condition que celle-ci se trouvât dans la moitié opposée). La société caduveo était ainsi régie par un principe de symétrie au sein de chaque caste et d'asymétrie entre elles. Cette dualité, cette contradiction même, obsédait toute la vie des Caduveo.
Deuxième question « structuraliste » : à quoi cela ressemble-t-il?
Lévi-Strauss relève que leurs voisins, les Bororo, qui connaissaient la même difficulté, l'avaient traitée de manière purement sociologique dans le plan de leur village, composé de trois cercles concentriques (occupés par chacune des castes), solidairement divisés en deux demi-cercles opposés (occupés par chacune des moitiés). Les Caduveo, conclut Lévi-Strauss, n'ont pas adopté la solution sociologique de leurs voisins et ont exprimé symboliquement dans leur art les tensions sociologiques qui les occupaient. Les peintures corporelles féminines sont, en somme, le schéma de la complexité logique de leur société, à la fois symétrique et asymétrique, égalitaire et hiérarchisée.
À l'époque où Lévi-Strauss faisait route vers ce qui subsistait de la société caduveo, nul ethnographe n'aurait envisagé les peintures corporelles comme l'expression d'une vision globale du monde ; nul n'aurait cru devoir les comprendre, dans la perspective apprise d'Emile Durkheim, comme l'empreinte de l'organisation sociale de la société qui les avait produites ; nul n'aurait songé que cette organisation n'était qu'une variante possible d'un même principe que des sociétés voisines pouvaient exprimer autrement ; nul n'aurait cru utile, en somme, d'aller voir une autre chose tout en gardant la première sous la main. Cet art de la comparaison, c'est ce que nous avons appris depuis lors à appeler l'anthropologie sociale."
“Lévi-Strauss et le corps de la femme caduveo” par Stéphane Breton, paru dans Libération le 5 novembre 2009.

lundi 21 décembre 2009

Michael Schwab à Bruxelles

Installation 'Aberrations' de Michael Schwab à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles
(décembre 2009, janvier 2010)
Lors de sa première visite du lieu d’exposition, Michael Schwab fut immédiatement frappé par une étrange correspondance entre les caissons des poutres de béton de la salle d’exposition et le dessin de son pavement.
La correspondance n’était pourtant pas parfaite : ‘aberration’.
Par projection sous forme de bandes autocollantes sur le sol, les poutres de béton du plafond révèlent un léger décalage avec le motif du marbre. Un nouveau motif, quasi identique, se superpose ainsi au premier.



Un certain nombre de travaux de Michael Schwab, dont celui-ci, pourrait être appelé “measurement pieces”.
Le motif se défait, éclate en ses franges, faisant à ce moment apparaître un dessin plus complexe.
Les bandes autocollantes des New York City ne sont pas très loin.