vendredi 11 juin 2021

Chakè Matossian, « Invisible mais présent en esprit » : le Séducteur de Kierkegaard

Vient de paraître :

Chakè Matossian, « Invisible mais présent en esprit » : le Séducteur de Kierkegaard, Éditions OUSIA, 2021, 152 p.

Voir présentation :

http://www.vrin.fr/book.php?code=9782870601945


Extraits des pages 53 à 56.


dimanche 30 mai 2021

Le nouveau site de Josée Leybaert

Le nouveau site de Josée Leybaert

http://joseeleybaert.be/carnets-de-telephone/

« […] “Dessin sans desseinˮ, comme on le qualifie généralement, le griffonnage, cet art de l’immédiat pratiqué à l’occasion par tout un chacun est, malheureusement, le plus souvent perçu – et c’est le cas également pour le rêve – comme une activité négligeable à reléguer dans l’obscurité et le dérisoire de gestes qu’on renonce bien vite à s’expliquer. En nous livrant à l’intimité de ses carnets, Josée Leybaert nous rappelle par ces “œuvres de pocheˮ qui souvent l’ont même inspirée dans la résolution de certain problème plastique, l’importance de rester attentif à ce qui se trame au plus profond de nous-mêmes, à ce qui a maille à partir avec cet obscur objet du désir qui “cogne à la fenêtreˮ, qui “fait signe au machinisteˮ ».

Bernar Sancha, 2014, in « La chasse à l’objet du désir », exposition collective internationale présenté par Liaison Surréaliste à Montréal, Edition Sonambula.



samedi 13 mars 2021

André Leroi - Gourhan et l'esthétique

Vient de paraître :

La Part de l’Œil  n° 35-36 - 2021/2022 : Dossier : André Leroi - Gourhan et l'esthétique. Art et anthropologie

448 pages ; format 21 x 29,7 cm ; 139 ill. couleur et n./b.

ISBN : 978-2-930174-54-9

Prix de souscription TTC : 34,00€ ; Diffusion et distribution : Pollen Diffusion



Présentation

Pionnier de l’ethnologie préhistorique, André Leroi-Gourhan (1911-1986) est l’auteur d’une œuvre foisonnante qui s’est attachée à explorer les multiples facettes de l’Homme et à renouveler le champ des sciences humaines au XXe siècle, singulièrement le champ des études sur l’art paléolithique. Dès ses premiers travaux, il consacre une place prépondérante à l’art et à l’esthétique lors de ses voyages au Japon et en Asie comme en témoigne ses Pages oubliées sur le Japon auxquelles Jean-Christophe Bailly consacre son article.

Comme le montre Philippe Soulier, Leroi-Gourhan n’a cessé, tout au long de son parcours intellectuel, de discuter les principes de l’histoire de l’art pour les intégrer progressivement dans une approche globale et scientifique soucieuse d’établir la part entre les faits et les interprétations. Jusqu’à ses derniers cours au Collège de France, il met à l’épreuve les analyses et les méthodes qu’il a développées tout au long de son parcours dont les deux tomes de l’Évolution et techniques et Le Geste et la Parole constituent aujourd’hui encore des synthèses stimulantes pour les chercheurs. Etudiant l’évolution de l’homo sapiens, tant sur le plan des transformations morphologiques que des inventions techniques, l’œuvre de Leroi-Gourhan accorde à la vie et aux domaines de l’esthétique une attention constante, montrant le caractère indissociable des différentes activités humaines. Marc Groenen revient ainsi sur la place de l’esthétique dans l’anthropologie de Leroi-Gourhan, tandis que Michel Guérin prolonge et poursuit sa réflexion sur le geste. Certains articles explorent les problèmes que l’art pariétal et préhistorique continue de poser à nos regards contemporains au-delà du cercle restreint des spécialistes comme en témoignent, parmi d’autres, les textes de Philippe Grosos, Ségolène Lepiller, Rémi Labrusse, Renaud Ego...

Plus qu’un hommage à André Leroi-Gourhan, le présent volume a pour objectif de montrer en quoi les intuitions, les méthodes et les concepts qui ponctuent sa pensée peuvent, aujourd’hui encore, guider la compréhension des phénomènes esthétiques et techniques, l’analyse des œuvres et la fonction symbolique de l’art. Outre la réédition de deux textes difficilement trouvables de Leroi-Gourhan, le volume est composé, dans une première partie, d’articles qui traitent explicitement un aspect de son œuvre, en le prolongeant parfois ou en le confrontant à d’autres auteurs. Viennent s’y ajouter ensuite une série de textes qui permettent d’élargir l’horizon des questions dont l’œuvre de Leroi-Gourhan hérite ou qu’elle partage au sein de son époque. Enfin, le volume comporte également l’intervention de trois artistes à qui nous avons ouvert nos pages.

 
Sommaire

  • Dirk Dehouck : Liminaire – du symbolique à l’esthétique
  • André Leroi-Gourhan : La vie esthétique et les domaines de l’esthétique
  • Philippe Soulier : Une anthropologie de l’esthétique chez Leroi-Gourhan
  • Pierre Sauvanet : La part des rythmes chez André Leroi-Gourhan
  • Marc Groenen : La place de l'esthétique dans l'anthropologie d'André Leroi-Gourhan
  • Jean-Christophe Bailly : Le Chatoiement du sens. André Leroi-Gourhan au Japon
  • Bruno Goosse : Atmosphère protectrice
  • Ségolène Lepiller : André Leroi-Gourhan et l’art paléolithique : un “moment sciences humaines” en préhistoire ?
  • Muriel van Vliet : La morphologie selon André Leroi-Gourhan
  • Michel Guérin : Les gestes actés – la fonction de poser
  • Chakè Matossian : Le goût des pierres
  • Élise Lamy-Rested : Vie technique et techniques de sur-vie. L’homme dé-formé par la technique
  • Amélie Bonnet Balazut : Une esthétique de la vie
  • Jorge Léon & Caroline Lamarche : Incandescences : retours vers notre futur
  • Maria Stavrinaki : Stupeur : commencement et fin de l’histoire. De Pasolini à Leroi-Gourhan, c. 1950-1960
  • Philippe Grosos : Participation et présence. Réflexions à propos de l’art paléo- et néolithique
  • Rémi Labrusse : Politique et poétique de la préhistoire. Traces sur le chemin de Max Raphael
  • Léa Falguère & Ârash Aminian Tabrizi  : Dessins – Entre ici et là, la ressouvenance
  • Léa Falguère : “Corps interprétants”. La métaphore corporelle comme approche de la peinture
  • Renaud Ego : Soutenir le regard de la peinture
  • Hélène Ivanoff : Polysémie et expographie d’une collection. Les copies d’art préhistorique de l’Institut Frobenius de Francfort-sur-le-Main
  • Matthew Vollgraff - L’arc de l’histoire. De l’anthropologie diffusionniste à la morphologie des cultures
  • Anne Boissière : Le corps scénique ou la condition théâtrale du corps joueur
  • Helmuth Plessner : De l’anthropologie du comédien

jeudi 11 mars 2021

Etienne Balibar : « Le conflit fait partie des lieux du savoir »

« il faut s’avancer vers le point de trouble dans l’identité où chaque sujet se loge tant bien que mal avec sa “différenceˮ »

Etienne Balibar, Philosophe

Libération, le 9 mars 2021 à 6h48

« […] il y a ceci que le savoir n’est pas sans sujet(s). Ceci n’est pas un défaut de la connaissance scientifique, c’est sa condition de possibilité, en tout cas dans toutes les sciences qui ont une dimension anthropologique (et peut-être dans d’autres). Pour connaître il faut «s’avancer» subjectivement dans le champ où on se trouve déjà situé, avec tout le bagage des caractères (comme disait Kant) qui nous font «ce que nous sommes» (par construction historique et sociale, bien évidemment), car il n’y a pas de subjectivité «transcendantale». Mieux, il faut s’avancer vers le point de trouble dans l’identité où chaque sujet se loge tant bien que mal avec sa «différence», qu’il s’agisse de masculinité et de féminité (ou d’autre «sexe» encore), de blanchité et de noirceur (ou de quelque autre «couleur»), de compétence et d’incompétence intellectuelle, de croyance ou d’incroyance «religieuse», pour en faire un analyseur des effets de société qui nous enferment, nous orientent et nous repoussent. Car si nul(le) ne peut absolument choisir sa place dans la cité, en raison même des rapports de domination qui la traversent, aucune place n’est pourtant assignable une fois pour toutes. Faire ainsi de la différence anthropologique vécue et reconnue et de son incertitude propre l’instrument de dissection du corps politique que nous sommes collectivement, et faire de l’analyse des mécanismes qui la produisent et la reproduisent le moyen d’en relativiser les effets normatifs, ce n’est peut-être pas la voie royale de la science, mais c’en est certainement un passage obligé. On pense ici à ce que Sandra Harding appelle «l’objectivité forte», incluant la connaissance de son propre sujet. C’est dire à quel point les positivismes font fausse route. […] »

vendredi 15 janvier 2021

Ne pas donner aux idées de l’extrême droite l’apparence acceptable d’une protestation confusément démocratique

« […] Le philosophe Jean-Louis Vullierme propose de nommer «pagliacisme» la pratique de l’outrance typique de Trump, terme formé à partir du mot italien pagliaccio, qui signifie «clown» (2). Il ne s’agit pas d’un populisme mais d’un théâtre césarien : le tyran prouve son droit à la tyrannie en exhibant dans la transgression les signes de la surhumanité qui lui permettent de s’affranchir de l’ordre des convenances. Ces signes sont éminemment virilistes, ce pour quoi ils doivent s’accompagner de vulgarité. Trump ne veut pas être adoré comme un «homme du peuple» ou un «citoyen ordinaire» : il veut être adoré comme un être d’exception cumulant tous les superlatifs – le plus riche, le plus intelligent, le plus hostile au «deep state» (mot codé pour désigner l’Etat de droit et ses fonctionnaires loyaux)… Il ne propose pas à ses électeurs de se ressaisir comme un peuple assuré de ses droits : il leur offre de s’identifier à un «super-gagnant» et à partager avec lui les jouissances de la désinhibition des dominants. Autrement dit, les partisans de Trump réunis au Capitole ne pratiquent pas ce que le philosophe Claude Lefort appelait «démocratie sauvage», soit les formes non domestiquées de la défense de l’égalité et des droits. Ils traduisent plutôt ce que Patrick Savidan appelle une «démocratisation du sentiment oligarchique» : le désir, chez ceux qui ont peur du déclassement et des minorités, de continuer à faire partie des gagnants. […] »

Jean-Yves Pranchère, professeur de théorie politique à l’Université libre de Bruxelles

Libération, 13 janvier 2021

(2) «Pagliacisme et populisme», https://inrer.org/2020/06/pagliacisme-populisme-discussion/

samedi 2 janvier 2021

La Part de l’Œil. L’hypothèse du sujet

« La Part de l’Œil. L’hypothèse du sujet », texte collectif de Dirk Dehouck, Bruno Goosse, Michel Guérin et Lucien Massaert in Réalités de la recherche (collective) en arts, sous la direction de Pierre Baumann, Presses universitaires de Bordeaux, 2019, pp. 131-160. 256 pages, 24 euros.

https://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100643520

HUITS CAS DE RECHERCHE COLLECTIVE EN ARTS :

MOBY-DICK

BIOMORPHISMES

ÉDITIONS INCERTAIN SENS

RÉENGAGER FREIRE

LA PART DE L’ŒIL

UN FILM INFINI

LABORATOIRE DES HYPOTHÈSES

SUSPENDED SPACES

mardi 22 décembre 2020

A new Drawing Research Network named Drawbridge

A new Drawing Research Network named Drawbridge

Drawbridge is a new drawing research network based at CIT Crawford College of Art and Design, Cork, Ireland. Drawbridge aims to provide opportunities for researchers, students, and artists to collaborate, exchange and disseminate ideas around drawing practice in its widest possible interpretation. Drawbridge plans to engage with diverse approaches from within the arts, incorporating disciplines such as performance, installation, film, and the written word, through a series of interdisciplinary projects and collaborations that will have an impact across the institute/university and beyond. Incorporating both theory and practice, Drawbridge is focused above all on promoting the capability of drawing to give form to thought, and on initiating and collaborating in research activities both nationally and internationally. 

Drawbridge has already pursued collaborations that have included the departments of Architecture and Arts in Health and Education within CIT/MTU and we intend to expand our activities to develop collaborations with colleagues in such disciplines as science, technology, and music. Within the Crawford, Drawbridge is focused on developing existing and future drawing workshops and projects with the aim of exploring and consolidating current drawing practice. A shared interest in the experiential and phenomenological nature of drawing was the original impetus for the establishment of Drawbridge by Crawford lecturers Dr Helen Farrell and Dr Lucy Dawe-Lane. With the imminent foundation of Munster Technological University (MTU), Drawbridge is well placed to make an active contribution to the future research profile of the new university. 

 

For more information contact 

Anne-May Tabb 

Drawbridge Research Assistant 

AnneMay.Tabb@cit.ie 

samedi 19 décembre 2020

A Companion to Contemporary Drawing

 A Companion to Contemporary Drawing

Kelly Chorpening (Editor)Rebecca Fortnum (Editor)Dana Arnold (Series Editor)

ISBN: 978-1-119-19454-5 November 2020 

Wiley-Blackwell 576 Pages

https://www.wiley.com/en-us/A+Companion+to+Contemporary+Drawing-p-9781119194545


A Companion to Contemporary Drawing explores how 20th and 21st century artists have used drawing to understand and comment on the world. Presenting contributions by both theorists and practitioners, this unique textbook considers the place, space, and history of drawing and explores shifts in attitudes towards its practice over the years. Twenty-seven essays discuss how drawing emerges from the mind of the artist to question and reflect upon what they see, feel, and experience.

This book discusses key themes in contemporary drawing practice, addresses the working conditions and context of artists, and considers a wide range of personal, social, and political considerations that influence artistic choices. Topics include the politics of eroticism in South American drawing, anti-capitalist drawing from Eastern Europe, drawing and conceptual art, feminist drawing, and exhibitions that have put drawing practices at the centre of contemporary art.

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/book/10.1002/9781119194583

TABLE OF CONTENTS

Notes on contributors

Acknowledgements

Introduction
Kelly Chorpening and Rebecca Fortnum

The Power of Drawing

1. The Black Index, Bridget R. Cooks

2. A State of Alert: The Politics of Eroticism in South American Drawing, Sofia Gotti

3. Graphic Witness, Kate MacFarlane

4. Drawn from Communism: Anti-Capitalist Drawing from Central-Eastern Europe, Magdalena Radomska

5. Differencing Drawing: Feminist Perspectives on Line, Surface and Space, Griselda Pollock

6. A Dirty Double Mirror: Drawing, Autobiography and Feminism, Rebecca Fortnum

7. Between the Sky and the Handle: Shilpa Gupta’s Drawings in the Contemporary, Parul Dave Mukherji

8. Drawing as Contagion, Jade Montserrat

9. Curating Drawing: Exhibitions and the Centering of Drawing In Contemporary Art, João Ribas

The Condition of Drawing

10. Observation and Drawing: From Looking to Seeing, Paul Moorhouse

11. Drawing’s Impropriety, Lucian Massaert

12. Drawing in Atopia; an exploration of ‘drift’ as method, Beth Harland

13. Works on/and/with Paper: Approaching Drawing as Responsive Marking, Marina Kassianidou

14. Indexical Drawing: On Frottage, Margaret Iversen

15. Ground as Critical Limit, Laura Lisbon

16. Drawing’s Finish, Stephanie Straine

17. Radical Antinomies: Drawing and Conceptual Art, Anna Lovatt

18. Drawing Desires, Sunil Manghani

19. Drawing from life in the 21st century art school, Kelly Chorpening

The Expanse of Drawing

20. Marking Time, Moving Images: Drawing and Film, Ed Krčma

21. Digital Drawing, Tamarin Norwood

22. The dot and the line: Drawing Amongst Computers, Jane de Almeida

23. Installation/Drawing: spaces of drawing between art and architecture, Sophia Banou

24. Informational Drawing, Matthew Ritchie

25. Drawing Towards Sound – Notation, Diagram, Drawing, David Ryan

26. Chinese calligraphy: a drawing ecology, Eric Otto Wear

27. The Enduring Power of Comic Strips, Simon Grennan

Index

lundi 14 décembre 2020

« Créer, c’est résister, résister, c’est créer »

 « Créer, c’est résister, résister, c’est créer. Cette injonction, lancée en son temps par le Conseil national de la résistance, n’aura jamais été aussi actuelle. Ceci est un appel aux armes de l’esprit : pensons, débattons et surtout, créons »

La fresque XXL arborant la devise française peinte à Paris en 2016 par la star américaine a été vandalisée dans la nuit pour protester contre la politique du gouvernement.

Emmanuelle Jardonnet Le Monde

La fresque de Shepard « Obey » Fairey après une action commando à Paris, le 14 décembre 2020.

Tout un symbole. La gigantesque Marianne peinte par Shepard « Obey » Fairey sur le flanc d’un immeuble du 13e arrondissement en 2016 a été vandalisée dans la nuit du 13 au 14 décembre. La figure allégorique nationale version street art pleure désormais des larmes de peinture rouge sang, et les trois mots de la devise française, qui s’étalent sur toute la largeur de la fresque, ont été barrés de jets de peinture blanche. C’est la plate-forme militante Hiya !, consacrée aux cultures urbaines, qui a révélé ce détournement aux aurores sur son site Internet.

Le jeune média spécialisé a, en parallèle, reçu la revendication des auteurs, qui restent anonymes, sous la forme d’un pamphlet adressé au gouvernement, dont il cite quelques passages : « Ouvrez donc les yeux (…). Vous dérobez les mots brillants cachés derrière les vitrines de nos espoirs pour les remplacer par des signifiants creux, de la camelote lustrée, incrustée d’émeraudes réactionnaires en plastique (…). Vous êtes les maris violents des valeurs que vous prétendez défendre (…). Agitez vos drones, zappez entre vos caméras, la seule chose que vous verrez, c’est nos majeurs depuis les toits de la ville, de la peinture plein les fringues. »

[…] Cette action, simplement signée d’un #mariannepleure, fait directement écho à un « appel à la résistance citoyenne et créative » et une invitation « à bâtir une nouvelle Concorde », lancés quelques jours plus tôt sur Internet, déjà signés par une trentaine de musiciens, graffeurs et militants, et auxquels Hiya ! s’était associé.

L’initiative dénonce les fractures de la société française, un « inventaire de régressions » et des atteintes aux grands principes de la République en pleine vague de contestation des projets de loi « sécurité globale » et sur les séparatismes : « Toutes ces valeurs dont nous sommes si fiers, la liberté, l’égalité, la fraternité ; mais aussi la laïcité, le droit du sol, le droit d’asile, sont jour après jour détricotées. La compréhension de l’autre disparaît des rapports sociaux. »

Elle invite à répondre par la création artistique et la mobilisation : « Artistes, intellectuel.le.s et citoyen.ne.s, toutes et tous créateurs et créatrices, redonnons sa fierté à notre pays et à ses habitants  quels que soient leurs origines, leurs confessions, leurs genres, leurs milieux sociaux ou toute autre barrière artificiellement dressée entre nous. Créer, c’est résister, résister, c’est créer. Cette injonction, lancée en son temps par le Conseil national de la résistance, n’aura jamais été aussi actuelle. Ceci est un appel aux armes de l’esprit : pensons, débattons et surtout, créons », dit encore le texte, qui invite à partager des créations engagées avec le hashtag #mariannepleure, amenées à être relayées par Hiya !

[…] depuis ses débuts, Shepard Fairey a lui-même toujours poursuivi une pratique illégale en marge de son parcours légal, par le collage clandestin d’affiches dans les rues, de sa ville de Los Angeles jusqu’à Paris. […]

Emmanuelle Jardonnet


mercredi 9 décembre 2020

Suggestion pour les cours de dessin virtuels

 Suggestion pour les cours de dessin virtuels

Ce document légendé « Un cours de dessin au temps de la reine Victoria » peut certainement nous donner quelques idées pour l’enseignement du dessin à distance. Comme sur cette image, nos écrans, dans les applications Zoom et Teams, nous permettrons de suivre en temps réel la bonne exécution des exercices par nos élèves.

N’allons par croire Gombrich lorsqu’il parle de méthodes « tristes et desséchantes », ni lorsqu’il critique « l’apprentissage mécanique préconisé par cette méthode » ou encore lorsqu’il déclare que cette procédure étouffe « l’imagination et la spontanéité ».

Voir l’ouvrage de E. H. Gombrich, L'art et l'illusion. Psychologie de la représentation picturale, trad. de l’anglais par Guy Durand, Paris, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque des Sciences humaines, 1971, p. 196.

dimanche 1 novembre 2020

Remise en cause de la liberté académique

Remise en cause de la liberté académique

Tribune Le Monde 31/10/2020

« […] L’affliction qu’éprouve le professeur que je suis, devant tant d’ignorance, s’accompagne d’un sentiment de colère. Colère devant l’hypocrisie d’une élite politique qui, soudain, redécouvre l’enseignant et le met au cœur de son dispositif, comme elle l’a fait il y a six mois avec les infirmières, mais n’a cessé depuis quarante ans de malmener financièrement et idéologiquement l’hôpital et l’école. Colère devant le viol de la loi du 26 janvier 1984 – qui garantit aux enseignants et aux chercheurs, dans son article 57, « une entière liberté d’expression dans l’exercice de leurs fonctions » – par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, quand il s’en prend aux « ravages » de l’islamo-gauchisme « à l’université ».

Colère encore devant le vote par le Sénat, dans la nuit du 28 octobre, d’un amendement au projet de loi de programmation de la recherche (LPR) qui conditionne l’exercice des libertés académiques au « respect des valeurs de la République ». Cette dernière notion n’a jamais fait l’objet d’une définition juridique ou réglementaire. La rendre opposable à l’exercice des libertés académiques reviendrait à subordonner celles-ci aux pressions de l’opinion ou du gouvernement. L’amendement contrevient d’ailleurs au principe d’indépendance des universitaires, intégré au bloc de constitutionnalité après la décision 93-322 DC rendue par le Conseil constitutionnel, le 28 juillet 1993. […] »

Jean-François Bayart, professeur de sociologie politique à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève), dernier ouvrage paru : « L’Illusion identitaire » (Fayard, 2018).

lundi 21 septembre 2020

Colloque : Lacan, le moment Soury

Colloque Soury - Première partie

Lacan, le moment Soury : « parler, dessiner, écrire, manipuler »

Colloque de l’École lacanienne de psychanalyse

Samedi 26 et dimanche 27 septembre 2020, Paris


Au milieu des années 70, dans le contexte où Lacan élabore son Séminaire à partir du nœud borroméen, dans un dialogue constant avec Pierre Soury, le travail avec un autre a été élevé au rang de méthode. Soury la caractérisait comme un « seul et pas seul » qui répliquait, à ses yeux, la relation analytique. Dans le même temps, cette méthode était redoublée par la collaboration entre Pierre Soury et Michel Thomé. C’est peut-être là qu’elle a été portée à son acmée. Lacan a pu dire sa surprise des résultats que ces deux-là obtenaient en se parlant.

Pierre Soury, dans ses travaux en marge du séminaire de Lacan a prolongé l’enquête sur le nœud borroméen en développant une méthode basée sur le travail de l’incompréhension, le respect pour la difficulté et une certaine temporalité qu’il a appelé « bonne lenteur ». C’est peut-être pour cela qu’au moment de son suicide, une note funèbre parue dans la revue Littoral le saluait comme l’un de « ceux, à vrai dire fort rares, dont l'enseignement n'a pas laissé notre lien à la psychanalyse inchangé ».

Des points de vue provenant de la psychanalyse, les mathématiques et les arts discuteront de la valeur de ce moment.

Intervenants :

Amélie de Beauffort               René Guitart

Dominique Bourn                   Guy Le Gaufey

Giancarlo Calciolari                René Lew

Inés Crespo                             Tania Martin Zimmer

Sara Darmayan                       Yan Pélissier

Jean-Luc Deschamps              Thatyana Pitavy

Yann Diener                           Michel Thomé

Claude Eisenberg                    Véra Treguer

 

LIEU : Salle Victor Lyon, Cité Universitaire, 29 Boulevard Jourdan, 75014 Paris

Entrée libre dans la limite des places disponibles sur inscription : colloquesoury@gmail.com

samedi 12 septembre 2020

La transgression s’efface des œuvres

 La transgression s’efface des œuvres dès qu’il est question de politique, de religion, de sexe, de couleur de peau

Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde »

Chronique. Le Monde, 11/09/2020

« […] la transgression s’efface des œuvres dès qu’il est question de politique, de religion, de sexe, de couleur de peau. Ce qui fait beaucoup.

[…] vous trouverez des tas d’œuvres qui dénoncent le néolibéralisme, le sexisme, l’homme blanc, les riches, le pouvoir, un cocktail qui brime les pauvres et les minorités. Les sujets sont pertinents, mais leurs représentations collent tant aux discours sociétaux qu’ils deviennent un combat moral, regorgent de bons sentiments, sans imaginaire, nuance ou complexité. Isabelle Barbéris l’a montré dans L’Art du politiquement correct (PUF, 2019), dans lequel elle dénonce un nouvel académisme.

On est loin d’un Genet en littérature, ou d’un Buñuel au cinéma, par exemple Viridiana, Palme d’or 1961, dans lequel une riche héritière aide des pauvres, qui, un soir, se saoulent, pillent la maison de leur bienfaitrice et essaient de la violer – les pauvres sont des riches désargentés. Dans le théâtre, nous dit notre consœur Brigitte Salino, « il n’y a plus de place pour la provocation », alors que cet art est celui de l’affrontement des idées.

[…] Il faut le CV d’Ariane Mnouchkine – femme, 81 ans, de gauche, talentueuse – pour mettre en scène des barbus qui tournent un porno, dont un ressemble au Chaplin du Dictateur, dans Une chambre en Inde.

[…] Un remarquable dossier de Courrier international (dans le daté 3 au 9 septembre) raconte le cas américain. Les artistes qui sortent des clous doivent affronter la cancel culture (carrière ruinée pour actes inadéquats), l’appropriation culturelle (adopter les signes d’une autre culture), le woke (traquer le privilège blanc), les trigger warnings (mise en garde des étudiants sur les passages traumatiques d’un livre), les safe spaces (réservés à une communauté), etc.

Ces armes sont le seul moyen de nous faire entendre, disent des militants de minorités. C’est juste, mais les conséquences tutoient la purification de l’art. Les exemples pullulent, comme celui, en juillet, du roman de l’autrice américaine Alexandra Duncan, bloqué à l’imprimerie à cause d’un passage où elle parle au nom d’un Noir ; elle a demandé pardon pour « une erreur aussi monumentale ». […] »

mercredi 2 septembre 2020

12th SAR International Conference on Artistic Research

 Society for Artistic Research

12th SAR International Conference - deadline for submissions 30th of September!

Society for Artistic Research
12th SAR International Conference on Artistic Research

Hosted by mdw – University of Music and Performing Arts Vienna in cooperation with the Academy of Fine Arts Vienna and the University of Applied Arts Vienna.

Conference will be hosted as a live online event: from 7th to 9th April 2021.
Deadline for 
submissions via the Research Catalogue (RC): 30th Sept 2020.
Deadline for registering as full users at the RC: Ten days earlier – 20th Sept 2020.


The 12th SAR International Conference on Artistic Research will invite submissions that relate to three attractors care, dare, and share. It will be the first SAR conference organized as a live online event. We are calling for artistic researchers to present their work, processes, methods, discoveries, knowledge interventions, new insights, understandings, and to engage in exchange – in actions and words, complex and simple, by conventional and unconventional, robust, and fragile means.

We encourage original contributions that take on the challenge of bringing liveness to this mediated online event. Each contribution shall receive ample discussion time (in real time via video conference).

We will support the following presentation formats:
Presentation using preproduced material, which will be “presented” and integrated in an interactive online conference;
Streamed live-performances/demonstrations.

The conference website (including the detailed call and the link to the submission form at the RC) is available here: 
https://www.sar2021vienna.ac.at/
contact: 
sar2021@mdw.ac.at