lundi 25 avril 2011

Géométrie de l'absence à la librairie Quartiers Latins

Encore une semaine
Géométrie de l'absence

Dans le cadre de “Drawing in an Expanded Field” 300 ans d’existence de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles-EsA et 30 ans de l’atelier de dessin
exposition des étudiants de l’option “dessin” de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles à la librairie Quartiers Latins

14 place des Martyrs
1000 Bruxelles
Exposition ouverte jusqu’au 30 avril 2011
du mardi au samedi
de 10 h à 18 h.

Gaston COMPERE
GÉOMÉTRIE DE L'ABSENCE
« Voici peut-être l'œuvre poétique la plus puissamment originale qui nous ait été donnée depuis les inventions de Norge. Deux géométries, en deux étages, dans ce livre de près de deux cents grandes pages de poésie en texte serré : au plafond, en citations continues, ce qu'on pourrait appeler la géométrie qui plane, le ciel irréfutable des théorèmes d'Euclide et de l'enfant Pascal, dans l'admirable français rigoureux et strict, si bien fait pour sertir leurs propositions logiques. Sous ces vérités implacablement régnantes, libellées en une ou deux lignes au-dessus de chaque poème, les unes d'un laconisme fatidique (la perpendiculaire est plus courte que toute oblique), les autres agencées comme le dessin compliqué d'un mécanisme de ballet ou de l'évolution d'un groupe d'étoiles (la somme des angles intérieurs d'un polygone convexe est égale à autant de fois deux droits qu’il y a de côtés moins deux), sous ce firmament de la raison fixe toute la libération d'une géométrie qui grouille, la géométrie en assemblée libre, où le calembour se glisse à la place de la déduction, où l'association spontanée des idées et des mots foisonne en un tourbillon vivant et grotesque, regardé de très haut par les froides maximes euclidiennes. Le monde de Jérôme Bosch jugé par la tranquillité des astres et insurgé contre elle. Cette langue grimaçante qui se fait sans cesse la parodie d'elle-même fait penser à celle où sombre le verbe de Leverkühn, le docteur Faust réinventé par Thomas Mann, quand peu à peu la maladie pénètre jusqu’à la moelle le parler du musicien prodige (musicien comme Gaston Compère). Mais ici le salut prévaudra.
Il prévaut d'abord parce que, même quand le sabbat des énormes déformations verbales bat son plein il y a les beaux vers, les beaux vers qui émergent merveilleusement de cette cavalcade de références dérisoires et d'assimilations hilarantes. Pour les aloses seules les anses d'eau douce – ouvrent au courroux des sources leur geôle rousse… Pour atteindre à pareille musique on comprend que le Leverkühn – docteur Faust de Mann ait vendu son âme au diable, et que Gaston Compère soit descendu aux enfers de son carnaval de vocables masqués comme des créatures d'Ensor. Mais la moralité de l'aventure est bien venue. Par la plus heureuse réussite de composition, il se passe, au long du poème (car ces chants séparés se lient en un poème), comme une lente guérison de ce mal pathétique du grotesque. Par moments, on a pu se demander si ce n'étaient pas les puissances d'en bas qui allaient l'emporter sur l'ordre supérieur des théorèmes impassiblement récités en haut de page; il se produisait une sorte de contamination, l'assaut de la farce atteignait les figures d'Euclide; les pieds de deux obliques égales s'écartent également du pied de la perpendiculaire, brusquement ces pieds écartés d'un pied paraissaient comiques…
Mais c'est dans l'autre sens que se décide finalement l'action du drame; car c'est un drame. La mer inférieure des fatrasies, des équivoques et des phrases en saut de mouton s'apaise (il y aurait toute une étude à faire sur ces procédés d'altération du langage dont joue Gaston Compère avec une virtuosité clownesque) et à travers les derniers poèmes monte l'aveu que rien ne déguise, ni le calembour, ni le rire efforcé, l'aveu de l'universelle et individuelle tristesse.
Vers cette conclusion apparaît cependant encore plusieurs fois une épigraphe dédaigneuse que le jeu de mots systématique permet d'attribuer à Silvio Pellico : Mé-prisons. Le lecteur ne se sent ni méprisé, ni réellement invité au mépris ; avec Pellico et avec Compère, il s'évade. »
Marcel Thiry (Le Soir)

dimanche 24 avril 2011

Artiste et immigrés



Hier colonisés aujourd’hui exploités demain régularisés de Laura Genz et Fofana Vazoumana, Editions Fage, 366 pp., 28 €.
Par Catherine Coroller
"Laura Genz est dessinatrice. Son ouvrage s’attache au combat des sans-papiers Le regard de Laura Genz est clairement militant. «C’est par hasard que je suis entrée le 7 mai 2008 dans la Bourse occupée», raconte-t-elle. La Bourse, c’est celle du travail, dans le IIIe arrondissement de Paris, investie entre le 2 mai 2008 et le 24 juin 2009 par des sans-papiers qui tentaient d’obtenir leur régularisation.
Pendant ces treize mois, un millier de personnes y ont vécu nuit et jour. Dès son arrivée, Laura Genz a commencé à dessiner. «Il n’y avait pas de projet, rien de prémédité.» Puis, elle est revenue. «Ça amusait les occupants. Ça faisait une distraction. J’étais aussi un témoin de ce qu’ils vivaient.» Un samedi, un homme lui dit : «Aujourd’hui, tu dessines la cuisine !» Les croquis sont affichés sous le porche de la Bourse. «Des gens ont dit : "on en veut !" Une femme m’a encouragée : "Vas-y, fais-en des cartes postales, on va les vendre, ça fera des sous."» Les ventes couvrent les besoins en riz des occupants.
Par hasard, Hou Hanru, commissaire de la dixième édition de la biennale d’art contemporain de Lyon passe devant l’établissement occupé : «C’est ainsi que les dessins y ont été invités.» L’éditeur Gilles Fage visite la biennale : «Et pouf ! Voilà le livre.» Les 328 dessins racontent la vie quotidienne. Un matelas replié en haut d’un escalier. Un cours d’alphabétisation dans le hall d’entrée. Un homme en train de se laver les pieds dans un lavabo. […]"
http://www.liberation.fr/societe/01012327842-vues-croisees-sur-la-vie-des-immigres



Wifredo Lam illustre Fata Morgana d’André Breton













Wifredo Lam’s untitled pencil and ink drawing was executed in 1941 as part of the series of illustrations he made for Fata Morgana by André Breton, published the following year.

« Pendant l’hiver 1940-1941, Lam et Breton apprennent à s’estimer. Le poète a le don de reconnaître une œuvre en marche et pressent chez Lam le potentiel d’un monde visionnaire. Quand il lui demande d’illustrer son poème Fata Morgana, empli de souvenirs mexicains, Lam s’exécute et réalise des centaines de dessins au crayon et à la plume qui annoncent toutes les particularités de son art à venir. En mars, six de ses dessins accompagnent l’impression de cinq exemplaires (éditions du Sagittaire), mais le livre ne reçoit pas son visa de censure. Il est interdit parce que Breton est suspecté d’anarchisme, son ouvrage traité de « négation de l’esprit de révolution nationale » et son illustrateur incarne à la fois l’art dégénéré et l’impureté raciale… »

















Aimé Césaire, Lam, Picasso – « Nous nous sommes trouvés »
Grand Palais, Galeries nationales
16 mars 2011 – 6 juin 2011

http://www.rmn.fr/francais/les-musees-et-leurs-expositions/grand-palais-galeries-nationales-9/expositions/aime-cesaire-lam-picasso



lundi 18 avril 2011

Déroute de la “pensée du nombre”

« En dépit des dégâts économiques - douloureux - que cette crise financière provoquera, il est probable qu’elle aura pour effet de nettoyer les esprits, de les «désenvoûter» pourrait-on dire. Voilà des décennies que, à notre corps défendant, nous sommes prisonniers d’une vision quasiment comptable du monde, de la vie quotidienne, des priorités humaines. Nous allons peu à peu réapprendre ces évidences. On pense à cette réflexion teintée d’ironie que faisait le philosophe Cornélius Castoriadis (disparu en 1997) : «Après tout, les hommes ne sont pas venus sur terre pour faire de l’économie.» Nous avons oublié qu’il existe, après tout, une autre acception de ce mot. Les «valeurs» sont d’abord affaires humaines. La gratuité est une valeur, la loyauté aussi ; le don – je pense notamment aux analyses produites depuis plus de vingt ans par les animateurs du Mauss (Mouvement anti-utilitariste des sciences sociales) – est un mode d’échange et la frugalité bien comprise un choix de vie qui fait passer l’être avant l’avoir. Or, voilà belle lurette, en effet, que tous les modes de raisonnement qui procèdent de l’économie ont supplanté les autres. Le «combien» passe avant le «comment». Ce qui se compte devient plus important que «ce qui compte». L’urgence (prétendue) prend toujours le pas sur l’essentiel. En prenant du recul, nous allons mieux mesurer, rétrospectivement, cette incroyable hégémonie du quantifiable. Sans en être toujours conscients, nous sommes encore intoxiqués par ce qu’on pourrait appeler la «pensée du nombre». Tirage d’un livre, taux d’écoute d’une émission, performances d’un lycée, rentabilité d’un hôpital, taux de croissance, rendement d’une action : on pourrait multiplier ces exemples à l’infini. Or, bien au-delà de la finance elle-même, c’est à une déroute ontologique de cette pensée exclusivement calculatrice - et utilitariste - que nous assistons. Déroute du court terme obsessionnel sur le long terme, faillite de l’immédiateté spéculative sur le «projet». La crise remet doucement, lentement, les pendules à l’heure. Elle nous réapprend que la temporalité des sociétés humaines n’est ni celle de la Bourse ni celle des ordinateurs, de même que la logique d’une vérité journalistique n’est pas celle du scoop. Rappeler tout cela, ce n’est pas verser dans un moralisme benêt. C’est en revenir aux ingrédients symboliques qui permettent tout simplement à une société humaine d’exister. Et de durer. […] » JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD Ecrivain, essayiste, éditorialiste au Nouvel Observateur. Dernier ouvrage paru : La Vie vivante, contre les nouveaux pudibonds, éditions les Arènes, 2011. http://www.liberation.fr/tribune/01012330001-deroute-de-la-pensee-du-nombre

jeudi 7 avril 2011

S'éloigner du bruit pour entendre

S'éloigner du bruit pour entendre
Un projet en résonances...
Martina Kramer et Sylvie Pic, exposition
Catherine Vernerie, création graphique
Patrick Dubost, poésie sonore
du 16-04-11 au 04-06-11
Atelier d'Art Fernand Bourgeois
14, place du Postel F -
84400 Apt en Provence
Capter les signaux, la matière et les vibrations. Cette exposition met en avant la rencontre entre différentes langues : celle de l'installation et du dessin, celle du corps, celle de la poésie et celle de la science.

Vendredi 13 mai : lecture de Patrick Dubost à 18h Plus d'infos : 04 90 04 37 14

lundi 4 avril 2011

Camille Nicolle, Prix du Jury de la FID

Camille Nicolle remporte le Prix du Jury de la FID Art Media Agency (AMA). "Cette année pour sa troisième édition la foire internationale du dessin (FID) a récompensé la bruxelloise Camille Nicolle en lui décernant le Prix du Jury qui consiste dans l’opportunité d’une exposition personnelle à la galerie Catherine Putman (40 rue Quincampoix, 75004 Paris). La foire a lieu à la Cité Internationale des Arts réunissant 100 étudiants provenant de 14 pays européens et de 40 écoles différentes enseignant les beaux-arts. Parmi elles l’École nationale supérieure des beaux arts de Paris et la Central Saint Martins – Byam Shaw University of the Arts de Londres. Camille Nicolle à 25 ans est étudiante à l’Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles en 5ème année de l’option “illustration”. Keke Vilabelda, étudiante à la Central St Martins, remporte la mention spéciale du jury." http://www.artmediaagency.com/6648/camille-nicolle-remporte-le-prix-du-jury-de-la-fid/

jeudi 31 mars 2011

Le génie de l'Orient

Le génie de l'Orient, l’Europe moderne et les arts de l’Islam Musée des Beaux-Arts de Lyon 20 place des Terreaux F-69001 Lyon 2 avril - 4 juillet 2011 "Au cours du XIXe siècle, l’Europe découvre un nouvel univers visuel, celui des arts de l’Islam. Le marché de l’art et les collections privées contribuent à forger un nouveau regard et un nouveau savoir à travers : les voyages et les expéditions, le développement de la photographie, les publications, les expositions. À l’occasion de voyages, nombre de collectionneurs constituent des ensembles d’œuvres souvent spectaculaires qui témoignent de l’émerveillement de l’occident pour l’orient. L’exposition suggère que nous demeurons aujourd’hui les héritiers de ces nouveaux codes visuels. La découverte des arts de l’Islam donne naissance à deux révélations : - l’une, diffusée surtout par la peinture, s’inspire des décors des palais et harems pour une vision fantasmée de la fable orientaliste ; - l’autre est portée par les théoriciens de l’ornement et certains artistes d’avant-garde. Ils recherchent dans l’art de l’islam une nouvelle esthétique qui pourrait transformer les codes de représentation occidentale. Tapis et tissus, céramiques, métaux, marqueteries de bois ou encore d’ivoire introduisent un nouveau répertoire de formes, de motifs et de techniques. L’exposition illustre ces deux visions à travers différents parcours individuels ou collectifs. Pionniers, voyageurs, photographes ou collectionneurs sont fascinés par l’originalité de cette nouvelle culture visuelle alors même que l’histoire de la représentation est en crise. Le parcours s’achève avec l’évocation d’un moment d’espoir utopique : celui où des artistes, comme Henri Matisse ou Paul Klee, ont rêvé, peu avant la Première Guerre mondiale, d’une fusion entre regard « occidental » et regard « oriental »." Commissariat de l'exposition Salima Hellal, conservateur du patrimoine, chargée des collections d'objets d'art, musée des Beaux-Arts de Lyon, Rémi Labrusse, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université de Paris X Nanterre. http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/expositions-musee/expo-lyon/genie-orient

PA/PER VIEW au Wiels


A l'occasion du week-end d'art contemporain le plus intense en Belgique, PA/PER VIEW rassemble au Wiels 33 des éditeurs les plus influents d'Europe. Laissez vos laptops à la maison et venez feuilleter les plus fins ouvrages de ces magiciens du texte et de l'image imprimée. Avec : A Prior (BE)Afterall (UK)Archive Books (IT)Argobooks (DE)Bartleby & Co (BE)Book Works (UK)Bywater Bros. Editions (CA)Culturgest (PT)Daviet-Thery (FR)Fillip (CA)Florence Loewy (FR)Gagarin (BE) Galleria Franco Noero (IT)Gevaert Editions (BE) Kodoji Press (CH)Lubok Verlag (DE)Marcus Campbell Art Books (UK)Mer-Paper Kunsthalle (BE)MFC-Michèle Didier (BE)Mousse Magazine (IT)Onestar (FR)Onomatopée (NL)Piktogram (PL)Ridinghouse (UK)Roma Publications (NL)Rosascape (FR)Spector Books (DE)The Green Box (DE)Three Stars Books (FR) Torpedo Press (NO)Witte de With Publishers (NL)Zavod P.A.R.A.S.I.T.E (SI)&... More From Motto (CH/DE) + Jeudi 22 avril 16-18h, discussion publique The Artist Book as Exhibition avec Jonathan Monk, Joost Smiers, Seth Siegelaub, Daniel McClean et Luc Derycke http://www.wiels.org/site2/event.php?event_id=178

mercredi 30 mars 2011

Géométrie de l'absence à la librairie Quartiers Latins

Géométrie de l'absence



Dans le cadre de “Drawing in an Expanded Field” 300 ans d’existence de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles-EsA et 30 ans de l’atelier de dessin

exposition des étudiants de l’option “dessin” de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles à la librairie Quartiers Latins

14 place des Martyrs

1000 Bruxelles

Exposition ouverte jusqu’au 30 avril 2011

du mardi au samedi

de 10 h à 18 h.


Marie Habert, “L’in-pace”, p. 42


Jessica Duquesne, “L’espace fermé – Un”, pp. 32-33

mardi 29 mars 2011

Leo Steinberg (1920-2011)


L’on apprend la mort de Leo Steinberg.


« […] avec l'idée du "flatbed" ('lit à plat") contenue dans l'un des articles (“The flatbed picture plane”) de ce livre fondamental : Other Criteria (1972) […] Steinberg analyse la nouvelle horizontalité comme plan pictural où des "choses", qu'il s'agisse de peinture avec Pollock mais surtout d'empreintes, d'objets... avec Rauschenberg et Dubuffet, vont constituer le tableau en un plan opaque, contraire à la simulation d'un champ de formes vertical. Steinberg retourne, en quelque sorte, le tableau en table tout en avertissant qu'il parle surtout d'“images psychiques” – mais il augure également d'un “changement radical de sujet”, une rupture avec l'art depuis la Renaissance, qui passe selon lui de la nature à la culture […] Ce qui est intéressant avec Steinberg, un critique à part, c'est précisément cette position marginale qu'il a occupée par rapport au dogme Greenbergien (qui lui valut d'être ultérieurement publié par October) mais également par rapport au formalisme de l'histoire de l'art. Il est passé du contemporain à la Renaissance (dernières œuvres de Michel Ange, Borromini, Lippi...) au “retour de Rodin” (chez Macula), repassant par ce morceau de bravoure qu'est La sexualité du Christ dans l'art de la Renaissance et son refoulement moderne (Gallimard) […] Steinberg a beaucoup écrit sur Picasso (et la sexualité), sur Jasper Johns, mais on retiendra aussi ce texte mémorable : Contemporary art in plight of its public, qui concerne le risque dans l'art contemporain et l'angoisse nécessaire qu'il provoque sur le public... »

Elisabeth Lebovici



Leo Steinberg, Other CriteriaI, University Of Chicago Press.


“Leo Steinberg’s classic Other Criteria comprises eighteen essays on topics ranging from “Contemporary Art and the Plight of Its Public” and the “flatbed picture plane” to reflections on Picasso, Rauschenberg, Rodin, de Kooning, Pollock, Guston, and Jasper Johns. The latter, which Francine du Plessix Gray called “a tour de force of critical method,” is widely regarded as the most eye-opening analysis of the Johns’s work ever written.”


Leo Steinberg, Le retour de Rodin, éditions Macula.


« Avec Steinberg, le retour que Rodin effectue dans le giron de la modernité est définitif. Oubliez les marbres, commence-t-il par dire : la plupart ne sont même pas de la main du sculpteur mais taillés par des artisans à sa solde, certains même sont posthumes. Laissez de côté la production sentimentale de Rodin entrepreneur, la partie visible et commerciale de l’iceberg, et regardez le sculpteur au travail. Fragmentation et multiplication, combinaison et inversion, distorsion et déplacement : Rodin est un structuraliste avant la lettre, décomposant et recomposant les membra disjecta du corps humain comme autant d’éléments propres au langage de la sculpture. De ce que l’on considérait jusqu’alors comme le point terminal et grandiose de l’histoire de la sculpture du dix-neuvième siècle, Steinberg fait ce qui ouvre celle de notre temps : Rodin redevient notre contemporain. »


Leo Steinberg, La Sexualité du Christ dans l'art de la Renaissance et son refoulement moderne, édition Gallimard.


« La Sexualité du Christ dans l'art de la Renaissance et son refoulement moderne fait désormais partie des grands textes de l'histoire de l'art. Leo Steinberg, à travers une écriture lumineuse d'intelligence, démontre lentement que cette "sexualisation" du Christ participe surtout d'une nouvelle réflexion sur le thème de l'incarnation. En élaborant des images impudiques (sexe proéminent, attouchement divers, gestes ambigus), les artistes s'attachent à démontrer que Dieu s'est bien fait homme. Il en a épousé à la fois toutes les contraintes mais aussi tous les attributs. Non dénué d'humour, ce livre essentiel multiplie les exemples qui nous dévoilent un versant inédit de la culture de la Renaissance. »

lundi 28 mars 2011

François Morellet

François Morellet
Galerie Aline Vidal
70 rue Bonaparte
75006 Paris
19 mars-30 avril 2011
« Dans la série des calques, le papier subit un pliage détournant ainsi la trajectoire logique d'une courbe ou d'une ligne. Une forme en gestation, en devenir, en trois dimensions se dessine d'elle-même. L'artiste utilise également des feuilles de papier quadrillé souvent destinées au travail d'architecte.
Morellet, 77137 "Pliage en diagonale d'une médiane sur un calque 1 x 2", 1977, calque et encre, 68 x 136 cm avant pliage, noir sur blanc.

La pratique du dessin convoque alors un questionnement sur le support, où s'opère un système géométrique complexe à travers l'utilisation de la trame. Cette pratique est visible dans Etude, trames superposées datant de 1959 par exemple, la trame s'élabore aussi par l'utilisation de tirets dans l'œuvre Tirets 1cm dont l'espacement augmente à chaque rangée de 1 cm de 1975.
François Morellet, Sin titulo, Edición: 90, Grabado - Aguafuerte sobre papel, Medidas: 33 x 29 cm.

François Morellet a notamment recours dans ses dessins, à diverses techniques comme en témoigne le collage intitulé Cercle fragmenté de 1977. Si le langage plastique de François Morellet est issu de formes simples et pures, il peut aussi faire appel à l'idée de fragmentation dans la série des Défigurations. Parmi ses derniers dessins, seront présentées plusieurs études préparatoires de 2009 pour la commande de l'escalier Lefuel du Louvre. » http://www.alinevidal.com/Francois-Morellet-dans-ses-petits.html

“Drawing in an Expanded Field”

Dernière semaine de l’exposition

“Drawing in an Expanded Field”

30 / 300

300 ans d’existence de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles - EsA

et 30 ans de l’atelier de dessin

à De Markten

5 Vieux Marché aux Grains,

1000 Brussels

jusqu'au 3 avril 2011.

Amélie de Beauffort, Ets. Didier Decoux


Charles de Lantsheere, Benoît Félix

Esther de Patoul

vendredi 25 mars 2011

Helena Almeida

Helena Almeida Travaux récents
Exposition du 18 mars au 7 mai 2011
Galerie Filles du Calvaire
17 rue des Filles-du-Calvaire,
75003 Paris


« Elle fête cette année le 50e anniversaire de sa première exposition collective. Et depuis un demi-siècle, avec une constance rare et qui se préoccupe peu des modes, Helena Almeida (née en 1934) mène une recherche sur la représentation dont elle est le modèle à peu près unique. Utilisant la photographie, des miroirs ou des vitres, qu’elle peut recouvrir de peinture, des draps qu’elle plisse et sur lesquels elle s’allonge, des fils dont elle se coud la bouche ou avec lesquels elle s’attache à son mari (son dernier travail), elle pose au fond la question de la communication, du dialogue, de la place de chacun de nous dans l’espace. Cette petite entreprise “familiale” (c’est son mari qui la photographie systématiquement), minimaliste, qui entretient l’idéal de la “performance”, a quelque chose d’épuré, d’essentiel, de lent, qui tranche avec la frénésie de l’art contemporain, de plus en plus tributaire des notions de marché et de productivité… »
«Depuis près de quarante ans, Helena Almeida a développé un corpus d'œuvres qui a trouvé sa source dans l'exploration des limites de la peinture, transformant des concepts et des expériences en images. Elle a associé l'image photographique au tracé du dessin et à l'empreinte de la peinture dans des compositions explorant l'espace et attirant l'attention sur la surface de l'œuvre.
Au delà des lectures poétiques et métaphoriques que ces travaux peuvent inspirer, ils sont (comme Helena en a créé beaucoup dans le passé) des tentatives d'atténuation des limites des médiums, telles celles de la photographie, la performance et la sculpture. Ces corps deviennent simultanément forme sculpturale et espace, objets et sujet, le signifiant et le signifié. Le travail d'Helena Almeida, et dans cette série en particulier, est un condensé, un acte soigneusement scénographié et hautement poétique ».
Filipa Oliveira

Pierre de Cortone et Ciro Ferri

Pierre de Cortone et Ciro Ferri
exposition aux Arts Graphiques du Louvre
du 3 mars au 6 juin 2011
Pietro da Cortona, Tête de femme, de profil vers la droite, 1652, papier beige, pierre noire, rehauts de blanc, 16 cm x 18,1 cm, Paris, musée du Louvre.

« Pietro da Cortona (1597-1669) compose avec Bernini et Borromini la triade des grands maîtres du baroque romain. Au service de trois papes successifs, Urbain VIII, Innocent X et Alexandre VII, il a profondément transformé l’art de peindre dans la Ville éternelle, enrichissant la leçon d’Annibale Carracci par ses recherches sur l’illusionnisme, l’unification de l’espace figuré et la lumière vénitienne. Nus sensuels à la sanguine, drapés irradiants à la pierre noire, recherches de composition à la plume : il a fait du dessin un instrument privilégié de son invention, laquelle s’est démultipliée grâce aux variations de Ciro Ferri, l'un de ses élèves les plus doués, et diffusée en Europe grâce aux gravures. Aussi est-il l’un des principaux acteurs de ce bouillonnement artistique de la Rome du XVIIe siècle, dont les effets se font sentir aussi bien à Florence qu’à Paris, et plus encore à Versailles. »

Ferri Ciro (1634-1689), Distributions des cierges bénits ou Procession des saints Clous, encre brune, lavis gris, pierre noire, plume (dessin), rehauts de blanc, 28,4 cm x 22,9 cm, Paris, musée du Louvre.

« Ce que les dessins des maîtres disent, caché dans leur peinture.
Dans une préface aussi savante qu’éclairante, Bénédicte Gady nous rappelle que Cortone, en principe formé par Andrea Commodi et Baccio Ciarpi, avait en fait un maître choisi, appartenant à une génération qui l’avait précédé : Lodovico Cigoli (1559-1613). [Cigoli et Cortone ont] atténué le pouvoir de suggestion charnelle exprimé à l’état pur par leurs dessins. Le dessin, chez Cigoli et Cortone, fait apparaître une sensualité qui n’est plus perceptible avec la même intensité dans leur peinture. […] Cortone démontre encore qu’il est un dessinateur de génie […] Comme pour la sensualité dans le torse de sainte Bibiane, cette maîtrise sera largement effacée dans la peinture. Voilà pourquoi les dessins des maîtres en général, et ceux de Pierre de Cortone en particulier, ont souvent des choses à nous dire, que leur peinture est obligée de nous cacher. »
Jean-Luc Chalumeau

jeudi 24 mars 2011

DRAWING NOW

DRAWING NOW PARIS LE SALON DU DESSIN CONTEMPORAIN 5e édition au Carrousel du Louvre du 25 au 28 mars 2011 est la première foire européenne d'art contemporain exclusivement dédiée au dessin contemporain. Pour sa 5e édition, le salon rassemble 83 galeries européennes. http://www.drawingnowparis.com/ Le Salon du dessin PARIS Le Salon du dessin se tient à la Bourse du 30 mars au 4 avril 2011. 39 exposants http://www.salondudessin.com/ CHIC Dessin 2011 du 01 avril au 03 avril 2011 Atelier Richelieu 60, rue de Richelieu, 75002 Paris http://www.chic-today.com/

L' "œuvre au noir" de Parmesan

L' "œuvre au noir" de Parmesan : dessins et gravures en clair-obscur

du 21 février au 8 mai 2011
Ecole nationale supérieure des beaux-arts
14 rue Bonaparte,
75006 Paris

Le Parmesan (1503-1540), Saint Christophe, plume, encre noire, lavis d'encre de Chine sur papier préparé rose, 20,7 x 14,7 cm

“Après l’exposition consacrée aux dessins maniéristes florentins en 2009, le cabinet de dessins de l’Ecole des beaux-arts présente en février 2011 un ensemble d’une trentaine d’œuvres de la Renaissance issues de l’école émilienne, dominée par Parmesan. Sont réunis une vingtaine de dessins et de chiaroscuri de l’École des beaux-arts, complétés par une dizaine de feuilles de la collection particulière genevoise du mécène Jean Bonna, qui finança en 2005 l’aménagement du cabinet de dessins.
À travers cette trentaine d’œuvres caractéristiques du Premier maniérisme italien sont évoquées les différentes époques de la fulgurante carrière de Girolamo Francesco Maria Mazzola, dit Le Parmesan, depuis sa jeunesse à Parme (1503-1524), suivie des séjours romain (1524-1527) et bolonais (1527-1530), jusqu’à la dernière période et le retour à Parme (1530-1540), brillamment illustrée par une étude préparatoire pour l’un de ses chefs-d’œuvre peints : La Madone au long cou, aujourd’hui conservée à la Galerie des Offices de Florence.
Cette exposition est l’occasion de découvrir les influences subies par l’artiste, fervent copiste de Corrège, mais aussi de Michel-Ange et plus encore de Raphaël et de préciser le rôle du dessin dans l’œuvre de l’artiste : préparatoire aux décors de fresques (Fontanellato), aux tableaux d’autel, à la gravure ou œuvre « de présentation », conçue pour elle-même.”

Carnet d'études n°19 - L'"oeuvre au noir" de Parmesan, dessins et gravures en clair-obscur
Editions ENSBA
Auteur : Françoise Viatte

Dessins de la Kunsthalle de Hambourg

Maîtres des Pays-Bas 1500-1700, Dessins de la Kunsthalle de Hambourg

du 24 mars au 22 mai 2011
Institut Néerlandais
Fondation Custodia
Centre culturel des Pays-Bas
121, rue de Lille,
75007 Paris

Pieter Bruegel l’Ancien, L'Été, 1568, Kunsthalle, Hambourg, 22 x 28,6 cm

La Kunsthalle de Hambourg possède une collection renommée et extrêmement riche de dessins de l’école hollandaise et flamande. Cet ensemble qui ne comporte pas moins de 1380 feuilles a été, pour la première fois, entièrement répertorié et décrit au cours des dix dernières années. Le résultat de ce travail sera publié cet hiver dans un important ouvrage en trois volumes. A cette occasion l’Institut Néerlandais présente un choix de près de 100 dessins sélectionnés avant tout pour leur qualité artistique mais également représentatifs de la diversité des genres et des techniques présents dans cet ensemble, riche à la fois d’esquisses et de feuilles achevées avec beaucoup de soin. La Kunsthalle a donné carte blanche au directeur de la Fondation Custodia pour choisir ses plus beaux dessins, sans restriction aucune.
Sont représentés : Gerard David, Pieter Bruegel l’Ancien, Maarten van Heemskerck, Hendrick Goltzius, Jacques de Gheyn, Roelant Savery et David Vinckboons pour le XVIe siècle.
Pour le XVIIe siècle : Willem Buytewech, Hendrick Avercamp, Jacob van Ruisdael, Pieter Saenredam, Rembrandt (avec trois dessins magistraux), Adriaen et Isaac van Ostade parmi beaucoup d’autres.
Des artistes flamands du XVIIe siècle sont également présents : Antoon van Dyck, Jacob Jordaens, Jan Siberechts et Lucas van Uden.”

La FID 2011



Foire Internationale du Dessin.
Du 31 mars au 3 avril 2011

à la Cité Internationale des Arts
18, rue de l'Hôtel de Ville
75004 Paris

Pierre Pozza, option dessin, Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles
La 3e édition de la Foire Internationale du Dessin FID 2011 a lieu à la Cité Internationale des Arts, 100 étudiants de 40 écoles de beaux arts représentent 14 pays d’Europe ouvrent au public leurs cartons à dessins : 10.000 drawings for the future.

http://fr.foireinternationaledudessin.com/

Portraits dessinés de la cour des Valois

Les Clouet de Catherine de Médicis. Portraits dessinés de la cour des Valois
Au musée Condé – Château de Chantilly
du 23 mars au 27 juin 2011
François Clouet, François de Coligny, seigneur d’Andelot, vers 1555, Chantilly, Musée Condé.
“Le musée Condé conserve un fonds inestimable de 366 portraits dessinés du xvie siècle par Jean et François Clouet provenant de la collection de la reine Catherine de Médicis. Ces dessins ont été restaurés avec le soutien des Amis du musée Condé de 2001 à 2008 ; ils ont fait l’objet de la thèse de doctorat d’Alexandra Zvereva publiée en 2011 par l’association Arthéna.
L’exposition permet de découvrir 90 portraits dessinés par Jean et François Clouet, montrant les grands personnages de la cour de France sous François Ier, Henri II et ses fils. À l’origine de l’art du dessin, ces feuilles témoignent d’un goût réaliste pour le portrait de cour, dans la tradition flamande.”

Musée Condé
Château de Chantilly
F - 60500 Chantilly

Ludovic Duhem - Art et technologie - Séminaire

Séminaire
Ludovic Duhem
"Art et technologie : une approche philosophique avec Gilbert Simondon"

à l’'ISELP
les lundis 9, 16, 23, 30 mai 2011 de 18 à 20h
45 € (30 € enseignants sur présentation d’une pièce justificative – 20 € étudiants effectifs et demandeurs d’emploi sur présentation d’une pièce justificative)
Le paiement d’une cotisation annuelle de 12,50  € est préalable à toute inscription aux cours et aux séminaires.

L’iselp - Institut Supérieur pour l’Etude du Langage Plastique
Boulevard de Waterloo, 31
B-1000 Bruxelles.
tél:+32 (0)2/ 504 80 70
iselp@iselp.be
http://www.iselp.be/index.php/Seminaires/